Promenade à Kyoto

IMG_6988S’il y a bien une ville qui se prête à la promenade c’est Kyoto! Ici on est pas dans une grande mégalopole écrasante, mais dans une ville tranquille à taille humaine. Ici, pas d’immeubles de 12 étages, mais des petites maisons fleuries dans des ruelles charmantes. Certes il y a des grands axes routiers, des immeubles, des galeries commerciales, mais l’on peut quasiment toujours s’en écarter et suivre des chemins alternatifs agréables, à l’abri de toute agitation. Prêt pour me suivre quelques instants?

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Tokyo: le quartier d’Asakusa

Asakusa est un quartier populaire de Tokyo, qui se situe dans le nord-est, et qui s’est développé autour du temple Sensō-ji, le plus vieux temple bouddhique de Tokyo.

Un peu d’histoire…

Asakusa est un quartier qui attirait déjà les foules durant l’époque Edo (1615-1868). Cette période étant difficile, on y venait en masse pour prier au temple qui héberge la divinité Kannon. Mais c’est également la proximité du quartier de Yoshiwara, qui attirait bon nombre de gens. Yoshiwara était en effet une enclave de plaisirs, avec ces multiples maisons closes et prostituées. Au 18e siècle, le quartier comptait plus de 8000 filles.

Le quartier d’Asakusa devient aussi le véritable centre d’Edo du kabuki, suite à une décision shogunale qui vise à éloigner du centre cette pratique jugée délétère. Le kabuki est une forme de théâtre dans lequel des hommes jouent des rôles féminins. Ses acteurs apprennent auprès des courtisanes de Yoshiwara.

Par la suite Asakusa devient un véritable quartier populaire des loisirs et plaisirs. Sans distinction de classes, le quartier accueille artistes, intellectuels, écrivains…

Après la seconde guerre mondiale le quartier est détruit mais il est reconstruit, en conservant son âme. Aujourd’hui encore le quartier conserve quelques hanamachi, ces maisons traditionnelles où vivent et exercent les geishas.

Revenons maintenant un peu à la visite du quartier:

L’entrée du Sensō-ji, marquée par cette imposante « porte du tonnerre » Kaminari-mon, dont le nom figure sur l’énorme lanterne rouge suspendue. De part et d’autres de la porte se trouvent des statues des divinités du vent et de la foudre.

Passé la porte, on arrive dans l’allée piétonne Nakamise-dori, bordée de nombreux petits magasins de souvenirs en tout genre, très prisés des touristes.

Un artisan en train de confectionner des petits gâteaux fourrés à la pâte de haricots, à l’aide de moules en fonte.

Une boutique de souvenirs qui propose maneki-neko, darumas, poupées, porte-clefs… D’autres vendent des reproductions d’estampes, des masques, des éventails…

Beaucoup de touristes et de collégiens en sortie dans cette allée.

Et voici donc la porte qui marque l’entrée du Sensō-ji. Ce temple fut fondé au 7e siècle par deux pêcheurs qui auraient remonté dans leur filet une petite statue en or de Kannon.

Le bâtiment principal édifié au 17e siècle, reconstruit après la seconde guerre mondiale en 1958, et en travaux lors de mon passage. Un peu frustrant…

Un immense encensoir en bronze à l’entrée du temple. En faisant de grands moulinets avec ses bras, on tente d’attirer à soi les vertus curatives des fumées d’encens.

Une pagode à 5 étages qui se dresse à gauche du temple.

A proximité du temple se trouvent des petites rues piétonnes très agréables. J’ai adoré m’y promener. On y trouve des magasins et des restaurants dans un style ancien en bois qui donne l’impression de se retrouver dans une autre époque.

En ce jour de légère pluie, certains petits restaurants font sortir de la vapeur dehors afin de donner envie aux passants de venir se réchauffer chez eux autour d’un bon bol de ramens.

Une ballade en pousse-pousse? Non ce n’est pas trop mon genre :)

Enfin à proximité d’Asakusa se trouve le fameux immeuble de la brasserie Asahi, avec sa flcèhe dorée designée par Philippe Starck. Les japonais voient en ce monument une crotte de chien, et je les comprends^^ Entre les deux buildings sur la gauche, et s’élevant dans le brouillard se trouve la Tokyo Sky Tree, encore en construction à l’époque, qui est une nouvelle tour s’élevant à 634 mètres…

Et voilà donc pour ce petit tour d’horizon du quartier d’Asakusa. J’espère que cela vous aura plu et je vous recommande donc si vous avez l’occasion d’y passer au moins une après-midi.

Les geiko de Gion

Gion [祇園] est un célèbre quartier de Kyōto, réputé pour ses geisha, que l’on appelle ici geiko. Le terme geiko [芸子], composé des kanjis gei et ko, signifie littéralement « enfant de l’art ».

Situé à proximité de la très animée et commerçante avenue « Shijo Dori », le quartier de Gion tranche complètement, avec son atmosphère intimiste, ses lumières tamisées, et une rue presque piétonne. On se croirait presque à une autre époque. Le changement est flagrant et immédiat lorsque l’on pénètre dans la rue Hanamikoji.

La rue est parsemée de maisons traditionnelles japonaises appelées machiya. Certaines sont des ochaya, c’est-à-dire des maisons de thé, d’autres des restaurants appelés  ryōtei.

entrée d'une machiya

A l’intérieur de ces machiya ou ochaya, les clients peuvent solliciter la présence de geiko. Contrairement à une idée reçue particulièrement répandue, les geishas ne sont pas des prostituées. Ce sont des dames de compagnie raffinées, dont le rôle est de divertir le client, que ce soit par la conversation, la pratique du shamisen (instrument traditionnel japonais), par des jeux…

Deux maikos (apprentis geiko) se croisant, grand sourire aux lèvres

Le vêtement traditionnel d’une geiko est un kimono de soie (obebe) avec un décolleté dans le dos, afin de découvrir la nuque (considérée comme une source de désir). Le kimono est noué dans le dos avec une large ceinture de soie nommées obi, qui se noue différemment suivant l’âge de la geisha. Les jeunes geishas « maiko » les portent en traîne. Les geishas portent aux pieds des chaussettes (tabi) et des sandales de bois (geta).

Le maquillage est en réalité l’apanage des jeunes geishas. En effet, au fur et à mesure de leur carrière, elles diminuent la quantité de maquillage. La caractéristique principale est le visage entièrement fardé de blanc, par dessus une couche d’huile. Les joues, les yeux et les lèvres sont maquillés de rose et de rouge. La nuque est elle aussi fardée de blanc, mais une zone de la peau reste découverte.

Enfin la coiffure des geishas est un chignon japonais traditionnel coupé en deux avec une étoffe rouge en son centre. Il est réalisé chez un coiffeur, et tient environ une semaine. Afin de ne pas le défaire, les geishas doivent dormir sur un « repose nuques ». Mais certaines préfèrent l’utilisation de perruques, plus pratiques d’usage.

Vous pouvez avoir un petit aperçu des différents préparatifs sur cette vidéo:

Les principaux clients des geishas sont des riches hommes d’affaires d’un certain âge, que l’on voit arriver en grosse voiture avec chauffeur, ou autres taxis. Un samedi soir en avril, le balai est incessant. On peut apercevoir les geiko lorsqu’elles se rendent auprès de leurs clients dans un des restaurants ou autres établissements. On voit aussi beaucoup de serveurs circuler dans les rues pour approvisionner les restaurants en riz (cuit).

Le quartier gagne énormément à être visité en soirée, de préférence un vendredi ou samedi soir. Cependant tôt le matin, lorsqu’il n’y a personne, ce n’est pas désagréable non plus. Cela permet de mieux se rendre compte de l’architecture du lieu.

maiko, accompagnée d'un client?

On pourrait penser que les geishas d’aujourd’hui ne sont qu’une attraction pour touristes, mais ce n’est pas le cas. En effet les geishas d’aujourd’hui vivent toujours dans des maisons traditionnelles à geishas, elles apprennent le shamisen, le shakuhachi, la calligraphie, la cérémonie du thé, la poésie, les chansons traditionnelles, la littérature. Bref elles perpétuent le savoir-faire et les traditions du passé. La seule concession au monde moderne est qu’elles vont maintenant à l’école durant leur enfance, et que la décision de devenir geisha leur revient.

Pour prolonger cet article et en découvrir un peu plus sur cettte profession et ce quartier, je vous invite à regarder le film « Les Soeurs de Gion » de Mizoguchi, tourné en 1936 (en noir et blanc).

maiko, avec une longue traîne

Voilà j’espère avoir réussi à vous faire partager un peu l’ambiance si particulière de ce quartier. N’hésitez pas à partager vos différentes expériences dans les commentaires :)