Arrivée à Tokyo

Après un vol épuisant de presque 12 heures, me voici enfin sur le sol japonais! En sortant de l’avion, les escalators me parlent, aucun doute je ne me suis pas trompé de destination :)

Arrive ensuite l’étape de la récupération des bagages. Je sais ça n’a strictement aucun intérêt de raconter ça, mais j’aime bien la photo, et puis j’ai risqué ma vie, on m’a rappelé à l’ordre en me disant que les photos étaient interdites.

Je me dirige ensuite pour récupérer mon JR Pass, sésame me permettant de voyager de manière illimité dans tout le Japon, et j’emprunte le Narita Express, train rapide reliant l’aéroport au centre de Tokyo.

En gare de Tokyo il y a plutôt pas mal de monde, normal pour un samedi midi, mais ça reste supportable.

Je retrouve des sensations familières en empruntant la Yamanote Line, j’ai toujours adoré cette ligne de train.

Un dernier métro, et me voici enfin à Asakusa, où se trouve mon ryokan!

Un repos bien mérité m’attend! Ah non… En fait il est seulement midi, ma chambre n’est pas dispo, et je dois donc encore tenir une dizaine d’heures si je veux m’adapter au décalage d’horaire… Dur dur…

Bon et bah, du coup c’est parti pour une ballade improvisée en partant d’Asakusa, voyons où elle va me mener. Et ça sera pour le prochain article :)

Voyage au Japon 2012

Et c’est reparti pour un nouveau voyage au Japon! Ça faisait 2 ans que je n’y était pas allé, ça commençait à faire long…

Le 10 février prochain je m’envolerai donc pour le Japon, pour un séjour d’un peu moins de 3 semaines. Au programme donc, Honshū d’est en ouest, de Tokyo à Shimonoseki. Le but est de découvrir la région du Chugoku (Hiroshima) et ses villes/villages en bord de mer intérieure. Comme par exemple Tomonoura, village de pêcheurs qui servit d’inspiration à Miyazaki pour « Ponyo sur la falaise ». C’est donc un voyage pas mal organisé autour du thème de la mer, de la tranquillité, avec des ballades en vélo.

Une autre particularité de ce voyage est que je pars en hiver, ce qui représente une grosse inconnue pour moi, concernant la météo. Mais je me dis qu’en hiver il y pleut en général beaucoup moins, et qu’un beau temps en hiver est bien plus joli qu’un beau temps d’été (photographiquement parlant). Et si je pouvais avoir un peu de neige à Tokyo, ça serait top. Aussi en partant hors saison, je risque de ne pas croiser beaucoup de touristes (ce qui n’est pas pour me déplaire).

Au cas où je m’ennuie, j’ai quand même prévu des étapes dans des grandes villes où je pourrai retrouver plus d’agitation (Tokyo, Yokohama, Osaka, Hiroshima).

Le programme complet:

  • 3 nuits à Tokyo (avec peut-être une journée à Kamakura)
  • 1 nuit à Yokohama (sur les traces de la colline aux coquelicots, même si je risque de ne pas reconnaitre grand chose ^^)
  • 3 nuits à Okayama (Okayama, Kurashiki, Tomonoura, ballade en vélo dans la plaine de Kibi)
  • 3 nuits à Onomichi (Onomichi, Takehara, ballade en vélo de Shimanami)
  • 3 nuits à Hiroshima (Hiroshima, Miyajima, Iwakuni)
  • 1 nuit à Shimonoseki (la pointe extrême ouest de Honshu, il n’y a pas grand chose à voir, mais ça m’amusait d’y aller ^^)
  • 2 nuits à Osaka (pour voir Dotonbori de nuit)
  • 1 nuit à Tokyo

Je ferais peut-être quelques petits articles pendant mon voyage si j’ai un peu de temps. Mais c’est surtout à mon retour que je pourrai vous faire partager mes ballades par l’intermédiaire de longs articles riches en photos, que j’affectionne. En tout cas je suis très excité à l’idée de partir à nouveau! :)

Shanghai – Le Bund (de nuit)

Après le Bund de jour, voici donc le Bund de nuit. Et c’est réellement un festival de lumières et de couleurs que l’on a sous les yeux. Les bâtiments sont tous éclairés de toutes les couleurs, certains font même offices d’écrans géants diffusant spots publicitaires. Des bateaux recouverts de néons multicolores voguent en permanence sur le fleuve avec à leur bord de nombreux touristes. Bien entendu toutes ces lumières se reflètent dans l’eau et donnent une vue splendide. Et si en plus, on a la chance d’assister à un feu d’artifices (ce qui était mon cas), c’est l’apothéose!

Mais qu’est ce qu’est réellement le Bund? Il s’agit historiquement du quai de débarquement de la concession internationale, alignant bâtiments symboles du capitalisme des années 1920 et 1930, à savoir toutes les plus prestigieuses banques et compagnies coloniales. A l’arrivée des communistes au pouvoir, tout ceci pris fin, mais depuis les années 80, le Bund fut restauré pour redevenir banques, institutions financières et hôtels.

Le long d’une grande promenade qui borde le fleuve, on trouve donc de nombreux bâtiments à l’architecture de type européenne.

Hong Kong & Shanghai Bank (HSBC)

The Bund Financial Center, surplombé de sa couronne.

Il y a en général beaucoup de monde qui se promène le soir, mais le Bund est tellement vaste que la concentration de gens n’est jamais gênante.

Une vue de la moitié sud du Bund.

Le pont Waibaidu, avec le Broadway Mansions en arrière plan, mon hôtel :) Le pont change de couleur toutes les minutes, et est le lieu incontournable pour faire des photos pour les jeunes mariés de Shanghai. Il y en a tellement toute la journée qu’ils devraient rebaptiser le pont en « pont des mariés ».

Et voilà la vue depuis ma chambre:

Des jeunes mariés, on en retrouve également sur la promenade du Bund, toujours accompagnés d’un photographe, et de plusieurs assistants pour la lumière, positionner la robe, etc.

La zone d'embarquement des bateaux de touristes.

Un véritable festival de couleurs.

Un bâtiment avec écran géant qui s'illumine le soir. La journée il est tout doré.

Un faux galion, à moteur, de taille respectable.

Un paquebot de croisière, à quai.

Voici donc pour cette petite visite du Bund de nuit. Dans un prochain article on se rendra de l’autre côté du fleuve, dans le quartier de Pudong, où sont dressés tous ces énormes gratte-ciels démesurés.

Shanghai – Le Bund (de jour)

Shanghai est la ville la plus peuplée de Chine avec 23 millions d’habitants. Plus moderne et internationale que Beijing, elle est certes moins dépaysante, mais elle impressionne malgré tout par son gigantisme. La ville est située sur le fleuve Huangpu, près de l’embouchure du Yangzi Jiang.

Le lieu emblématique de Shanghai est certainement le Bund, promenade le long de la rivière, qui permet d’avoir une magnifique vue sur le quartier des affaires de Pudong. Les gratte-ciels y sont très nombreux et grimpent toujours plus haut vers le ciel.

Le gratte-ciel le plus célèbre est la Perle de l’orient, à l’architecture vraiment originale. Il s’agit d’une tour de télévision mesurant 468 mètres. A ses côtés se trouve le Shanghai World Financial Center, en forme de décapsuleur, et qui culmine à 492 mètres (4e plus haut gratte-ciels au monde). Pour l’anecdote, initialement, le trou situé a sommet était de forme circulaire (le carré représentant la terre et le cercle le ciel), mais suite à de nombreuses protestations, son design a été modifié. En effet avec un trou circulaire, cela rappelait beaucoup trop le drapeau japonais. Je reparlerai de tout cela plus en détails dans un article dédié à Pudong, où vous pourrez voir la vue à couper le souffle du sommet de ce gratte-ciels.

Avec ce fleuve traversant la ville, et rejoignant la mer, de nombreux bateaux naviguent la journée, et traversent la ville. Et pour avoir pas mal observé ce balai incessant de bateaux (ma chambre donnait sur le fleuve), je peux vous dire qu’il y en avait de très gros.

Un gros pétrolier traversant la ville.

Mais le Bund, en plus d’offrir une magnifique vue sur le quartier de Pudong, est avant tout une très belle promenade, très agréable, et jalonnée de somptueux édifices d’architecture européenne.

Comme vous pouvez l’imaginer, le lieu est encore plus joli de nuit, lorsque tous les éclairages font ressortir les bâtiments.

Et ce sera donc l’objet du prochain article à venir ;)

Beijing : La cité interdite

C’est par un samedi matin ensoleillé que je me suis rendu à la Cité Interdite, cette merveille architecturale qui s’étend sur 72 hectares et qui pouvait abriter à l’époque 10000 personnes! Selon la légende la cité comporte 9999 pièces (8704 en réalité). Sa construction débuta en 1404 sous le règne de l’empereur Yongle et s’acheva 17 ans plus tard. La cité interdite demeura la résidence des empereurs jusqu’en 1911, date de la proclamation de la République de Chine. Le dernier empereur ayant occupé les lieux fut Puyi, dont vous avez peut-être vu l’histoire dans le film « Le dernier empereur ».

L’entrée principale du site se fait par le sud, en empruntant la porte Tiananmen qui fait le lien entre la place du même nom et la Cité Interdite, sous le regard de Mao. Pour en savoir plus sur les années Mao, je vous invite fortement à lire « Les cygnes sauvages » de Jung Chang. J’avoue que j’ai du mal à comprendre pourquoi ce personnage est toujours idolâtré sachant tout le mal qu’il a fait au pays, et sachant à quel point la Chine d’aujourd’hui est radicalement différente de celle de Mao. Mais ce n’est pas l’objet de cet article.

Après être entré par la porte méridienne, on se retrouve dans une immense cour traversée par la rivière aux Eaux d’or. Cinq ponts de marbre permettent de la traverser. Au fond de la cour se trouve la porte de l’Harmonie suprême, sans doute la plus richement décorée de la cité.

La porte de l’harmonie suprême est gardé par deux imposants lions de bronze. Le lion de droite est un mâle qui tient le monde sous sa patte droite, tandis que le lion de gauche est une femelle qui tient un lionceau sous sa patte gauche.

La porte ouvre sur la cour extérieure, qui constitue la partie officielle de la cité, où le souverain recevait ses ministres et présidait les cérémonies officielles.

La cour extérieur, gigantesque, abrite en son centre le palais de l’Harmonie suprême, l’édifice le plus imposant du palais, qui abrite le trône de l’empereur. On y accède par une terrasse à 3 niveaux consécutifs, dont les escaliers sont gardés par 1100 dragons.

Comme vous pouvez le voir, il y avait un peu de monde ^^ Normal, c’était un samedi, et en plus il faisait très beau. Du coup je n’ai même pas pu voir le trône de l’empereur tant il y avait de monde devant. Il fallait vraiment jouer des coudes, et les chinois sont bien plus experts que moi dans ce domaine.

Les grues en bronze sont des symboles impériaux, symbolisant la longévité.

La tortue à tête de dragon combine les qualités des deux animaux, la longévité pour la tortue et la réussite pour le dragon.

Les toits en tuiles jaune-orangé vernissées sont vraiment magnifiques, et s’accordent parfaitement avec les murs rougeâtres de la cité.

Cette rampe en marbre représente des dragons chassant des perles parmi les nuages. Elle est constituée d’un unique bloc de 200 tonnes. Cette rampe mène à la porte de la Pureté célèste qui marque la limite entre la cour extérieure et la cour intérieure.

La cour intérieure est la partie privée réservée à la famille impériale et aux concubines.

Entré des jardins impériaux permettant d’aider le souverain à trouver la tranquillité.

Arbres, fleurs, rochers… voilà ce qu’on peut trouver dans ce jardin reposant (enfin reposant à l’époque parcequ’avec tous les touristes, ça ne l’est pas du tout^^)

Vue sur une des tours située au bord des douves de la cité.

Long corridor permettant de traverser quasiment la moitié de la cité du Nord au Sud.

De retour de Chine !

Après un trajet d’un peu plus de 20 heures, me voici de retour de Chine, où j’ai séjourné pratiquement 3 semaines. Un voyage très diversifié, dans une Chine multiple et pleine de vie. Comme vous pouvez vous en douter, j’ai pu m’en donner à cœur joie avec les photos, tentant de saisir aussi bien les monuments et paysages que les gens et scènes de vies quotidiennes.

J’ai donc commencé ce voyage par la capitale, Beijing, où je suis resté 7 jours. Je suis directement rentré dans le vif du sujet en visitant la cité interdite, par un samedi de grand beau temps. La cité interdite est vraiment à la hauteur de son image, à savoir gigantesque (elle compte 9999 pièces) et magnifique.

Le deuxième jour, je suis allé voir la grande muraille de Chine, qui serpente sur 6700km, avec des pentes atteignant parfois 45°. Une fois de plus, le site est époustouflant et à la hauteur de sa réputation. Marcher dessus n’est vraiment pas de tout repos.

Les jours restant j’ai pu visiter d’autre sites comme le palais d’été, le temple du ciel, le quartier des lacs… Mais ce sont les nombreux parcs de la capitale qui ont retenu mon attention. En effet ces parcs sont vraiment très agréables et surtout pleins de vie: personnes âgées pratiquant le tai-chi, jeux du volant (sorte de volant de badminton que l’on s’envoie avec les pieds, on peut y jouer en groupe), chorales en plein air, instruments traditionnels, parties de go sur un banc avec spectateurs autour, …

Partout dans Beijing (et en Chine de manière générale), on peut acheter de la nourriture dans la rue, et certaines rues sont uniquement consacrées à cela. On peut y trouver toute sortes de choses, comme des brochettes de poulet, des brochettes de fruits, du mais, des raviolis… mais aussi des choses plus surprenantes comme ces brochettes de scorpions (dont certains bougent encore, j’ai fait une vidéo^^), d’hippocampes ou d’étoiles de mer. Il y a des trucs encore pire, mais je me le réserve pour plus tard :)

Comme je le disais, Beijing est une ville multiple puisqu’il y a tous ces sites historiques anciens, ces quartiers pittoresques mais c’est aussi une ville très moderne avec ses immenses avenues à 6 voies de chaque côté, son métro ultra moderne (identique au métro japonais), ses grands hôtels de luxe à proximité desquels on trouve des concessionnaires Lamborghini, Ferrari… Bref on a un peu l’impression d’une Chine à deux vitesses.

Après Beijing, j’avais l’intention d’aller à Pingyao en train, mais Golden Week oblige, tous les trains étaient bondés et il ne restait plus de place. J’ai donc du revoir ma copie, et j’ai finalement opté pour l’avion en allant à Xian directement. Xian est une ville célèbre pour ses soldats de terre cuite et son quartier musulman abritant une mosquée, et de nombreuses échoppes où l’on peut acheter différentes choses à manger. Chacune possède ses propres cages à oiseaux, donnant un cachet très sympa au site.

Après Xian, je suis finalement parti pour Shanghai (en avion toujours), qui est une ville beaucoup plus occidentale, et dont le centre même est d’architecture européenne. En effet Shanghai accueillait de nombreux étrangers, réunis dans des concessions, durant la guerre de l’opium.

Le lieu le plus célèbre de Shanghai est le Bund, qui offre une vue époustouflante sur le quartier d’affaires de Pudong, avec sa remarquable Pearl Tower. Toute la journée des milliers de bateaux défilent dans ce cours d’eau qui rejoint la mer quelques kilomètres plus loin. En journée ce sont plutôt péniches et pétroliers, et le soir ce sont des bateaux pour touristes complètement illuminés. Je suis resté une semaine à Shanghai, et je ne me suis jamais lassé de ce spectacle. La vue de l’autre côté est également magnifique avec tous ces bâtiments d’architecture européenne, joliment éclairés.

Shanghai est une ville moderne avec un réseau de trains à grande vitesse (ressemblant beaucoup aux Shinkansen japonais) qui peuvent vous emmener rapidement aux villes des environs comme Suzhou (La « Venise de Chine », que j’ai visité également) ou Hangzhou. Pour relier l’aéroport au centre ville, il y a même un train à lévitation magnétique (maglev) qui « vole » à 431km/h en pointe; impressionnant.

Un mot sur les chinois

Je suis arrivé en Chine totalement neutre, sans aprioris sur les chinois, ne connaissant pas très bien le pays. Et j’ai donc pu constater que les chinois sont vraiment très différents des japonais par exemple. A ma grande surprise les chinois ne sont pas tellement disciplinés: ils n’hésitent pas à pousser, doubler ou jouer des coudes dans les queues, ils traversent n’importe comment, conduisent de manière assez dangereuse… Aussi les chinois de manière générale parlent très forts, même s’ils se trouvent dans un lieu calme.

Et il y a le fameux crachas; c’est à dire qu’après un grand raclement de gorges bien bruyant, ils crachent par terre. Je sais que ce n’est qu’une histoire de culture et d’habitude, mais ça fait quand même pas très propre. J’ai malgré tout remarqué que c’était surtout les hommes, à partir d’un certain âge qui avaient cette fâcheuse tendance et beaucoup moins les femmes et les jeunes.

Pour finir sur du positif, j’ai trouvé que les chinoises, de manière générale, étaient souvent très jolies, et s’habillaient souvent de manière très sexy.

Un occidental en Chine

Être un touriste occidental en Chine n’est pas de tout repos. On est d’abord sans cesse harcelé pour nous faire acheter quelque chose (rolex, iphone, « lady massage »…). Il y a aussi tous ces faux taxis qui vous font payer le prix fort (J’ai payé 7 fois le prix normal pour mon premier trajet de l’aéroport à mon hôtel). Il y a ces soit disant artistes/peintres qui veulent vous faire visiter leur atelier, mais en réalité ils vendent exactement les mêmes choses que l’on trouve absolument partout.

Dans certains endroits bien particuliers (lieux touristiques) il y a aussi ces filles (jolies, jeunes, toujours par paire) qui vous abordent, commencent à discuter avec vous, sympathisent et vous entrainent ensuite dans un bar ou le plumage peut commencer. J’ai dû être abordé au moins 30 fois par ce genre de filles. En général ça commence par un « Hello, where are you from? », ou alors « Can you take a picture for us? ». Assez pénible.

Enfin dans un registre plus léger, on m’a demandé facilement une vingtaine de fois si je pouvais être pris en photo, en compagnie de la personne qui demande (souvent des jeunes filles/femmes ^^). Au début ça fait bizarre, on se pose pleins de questions, puis on fini par s’y habituer. A mon avis il y a déjà le fait que je sois plutôt grand (1m89), que j’ai un visage d’occidental, de long-nez comme ils disent (certaines n’en ont jamais vu), et peut-être que certaines me trouvaient beau, sait-on jamais :)

Et voilà donc pour un rapide résumé de ce voyage.

Voyage en Chine

L’heure est grave, je ne sais pas trop comment l’annoncer. Un sentiment profond de culpabilité m’habite… Dans deux semaines, je pars en Chine! Et oui j’ai osé délaisser le Japon ^^ Rien à voir avec les évènements récents, le voyage étant prévu depuis longtemps, mais il s’agit d’une réelle envie de découvrir ce géant asiatique, à la culture et l’histoire très riche.

Au programme donc, un petit circuit de 3 semaines qui se présente comme suit:

  • 7 jours à Pékin (cité interdite, grande muraille, hutongs, tombeau Qing, palais d’été, parc olympique…)
  • 2 jours à Pingyao (vieille ville traditionnelle entourée de remparts)
  • 2 jours à Xian (armée de soldats en terre cuite)
  • 7 jours à Shanghai (Shanghai, Suzhou, Hangzhou)

Je fais tous les trajets entre ces différentes villes en trains de nuit, d’une durée chacun d’une douzaine d’heures environ. Bien entendu je pars sans organisme et je gère tout moi-même, c’est plus rigolo ^^

Au niveau des hôtels, j’ai bien pu me faire plaisir. En effet comparé à Tokyo c’est vraiment bon marché. Du coup à Pékin j’ai un studio de 60m² dans un hôtel 4 étoiles avec vue sur la cité interdite! On n’a qu’une vie ^^

Autant avec le Japon, je savais parfaitement à quoi m’attendre en arrivant, mais là avec la Chine, je pense que ça va être une plus grande surprise. En tout cas rassurez vous, ça ne veut pas dire que j’abandonne ce blog, le Japon reste et restera mon pays de cœur :) Et je profiterai de ce voyage pour analyser les différences et similitudes entre ces deux pays. En effet l’influence réciproque de ces deux pays sur leur histoire est grande. Et quand au Japon j’y retournerai peut-être en automne ou sinon l’année prochaine.

Manabé Shima, de Florent Chavouet

« Manabé Shima » est un carnet de dessins, résultat d’une démarche un peu folle de son auteur français, Florent Chavouet, à savoir s’installer 2 mois dans une des 4000 îles du Japon. Mais pas n’importe qu’elle île, une petite île de quelques 300 habitants, et à priori sans intérêt touristique particulier. C’est donc ainsi qu’il débarque sur Manabeshima, un beau jour d’été.

Il va donc au cours de ces 2 mois rencontrer pleins de gens, nous faire partager la vie de ces personnes, la vie de l’île et surtout son atmosphère. Mais aussi des petits riens, en effet, la plupart des dessins sont annotés et ponctués de petits détails insignifiants mais souvent très drôles. C’est toujours un plaisir de tourner le livre dans tous les sens pour lire ces petites annotations incrustées dans le dessin. Avec le livre est fournie une immense carte (en dessins) de l’île grâce à laquelle on peut se repérer à tout instant.

Pour moi ce ‘Manabé Shima’, est une vraie réussite, encore plus abouti que son précédent Tokyo Sanpo, dans la mesure où il y a un lieu unique, des personnages que l’on retrouve tout au long du livre, un fil conducteur clair, et l’on est réellement plongé dans l’atmosphère de l’île, à tel point qu’on a l’impression de la connaître et d’y avoir vécu.

Les dessins aux crayons de couleurs sont tout simplement magnifiques, très détaillés, aux couleurs chatoyantes, et transmettent bien l’impression de vie. Certains dessins de nuit comme la « miss Hana-bi » sont vraiment sublimes. Chapeau.

L’humour est omniprésent, pas de l’humour qui vous fera tordre de rire à ne plus pouvoir respirer, mais un humour saupoudré un peu partout et qui vous fera avoir un  grand sourire tout au long de la lecture. Il y a par exemple ces portraits des chats de l’île, omniprésents, avec une carte des différents gangs de chats sur l’île, une étude de leurs comportements, des dialogues fictifs… L’incompréhension entre l’auteur et les différents gens qu’il rencontre de par la langue (car oui il ne parle pas japonais, ou très peu), donne aussi souvent lieu à des situations amusantes.

Un véritable coup de coeur!

Tokyo: le quartier d’Asakusa

Asakusa est un quartier populaire de Tokyo, qui se situe dans le nord-est, et qui s’est développé autour du temple Sensō-ji, le plus vieux temple bouddhique de Tokyo.

Un peu d’histoire…

Asakusa est un quartier qui attirait déjà les foules durant l’époque Edo (1615-1868). Cette période étant difficile, on y venait en masse pour prier au temple qui héberge la divinité Kannon. Mais c’est également la proximité du quartier de Yoshiwara, qui attirait bon nombre de gens. Yoshiwara était en effet une enclave de plaisirs, avec ces multiples maisons closes et prostituées. Au 18e siècle, le quartier comptait plus de 8000 filles.

Le quartier d’Asakusa devient aussi le véritable centre d’Edo du kabuki, suite à une décision shogunale qui vise à éloigner du centre cette pratique jugée délétère. Le kabuki est une forme de théâtre dans lequel des hommes jouent des rôles féminins. Ses acteurs apprennent auprès des courtisanes de Yoshiwara.

Par la suite Asakusa devient un véritable quartier populaire des loisirs et plaisirs. Sans distinction de classes, le quartier accueille artistes, intellectuels, écrivains…

Après la seconde guerre mondiale le quartier est détruit mais il est reconstruit, en conservant son âme. Aujourd’hui encore le quartier conserve quelques hanamachi, ces maisons traditionnelles où vivent et exercent les geishas.

Revenons maintenant un peu à la visite du quartier:

L’entrée du Sensō-ji, marquée par cette imposante « porte du tonnerre » Kaminari-mon, dont le nom figure sur l’énorme lanterne rouge suspendue. De part et d’autres de la porte se trouvent des statues des divinités du vent et de la foudre.

Passé la porte, on arrive dans l’allée piétonne Nakamise-dori, bordée de nombreux petits magasins de souvenirs en tout genre, très prisés des touristes.

Un artisan en train de confectionner des petits gâteaux fourrés à la pâte de haricots, à l’aide de moules en fonte.

Une boutique de souvenirs qui propose maneki-neko, darumas, poupées, porte-clefs… D’autres vendent des reproductions d’estampes, des masques, des éventails…

Beaucoup de touristes et de collégiens en sortie dans cette allée.

Et voici donc la porte qui marque l’entrée du Sensō-ji. Ce temple fut fondé au 7e siècle par deux pêcheurs qui auraient remonté dans leur filet une petite statue en or de Kannon.

Le bâtiment principal édifié au 17e siècle, reconstruit après la seconde guerre mondiale en 1958, et en travaux lors de mon passage. Un peu frustrant…

Un immense encensoir en bronze à l’entrée du temple. En faisant de grands moulinets avec ses bras, on tente d’attirer à soi les vertus curatives des fumées d’encens.

Une pagode à 5 étages qui se dresse à gauche du temple.

A proximité du temple se trouvent des petites rues piétonnes très agréables. J’ai adoré m’y promener. On y trouve des magasins et des restaurants dans un style ancien en bois qui donne l’impression de se retrouver dans une autre époque.

En ce jour de légère pluie, certains petits restaurants font sortir de la vapeur dehors afin de donner envie aux passants de venir se réchauffer chez eux autour d’un bon bol de ramens.

Une ballade en pousse-pousse? Non ce n’est pas trop mon genre :)

Enfin à proximité d’Asakusa se trouve le fameux immeuble de la brasserie Asahi, avec sa flcèhe dorée designée par Philippe Starck. Les japonais voient en ce monument une crotte de chien, et je les comprends^^ Entre les deux buildings sur la gauche, et s’élevant dans le brouillard se trouve la Tokyo Sky Tree, encore en construction à l’époque, qui est une nouvelle tour s’élevant à 634 mètres…

Et voilà donc pour ce petit tour d’horizon du quartier d’Asakusa. J’espère que cela vous aura plu et je vous recommande donc si vous avez l’occasion d’y passer au moins une après-midi.

Les geiko de Gion

Gion [祇園] est un célèbre quartier de Kyōto, réputé pour ses geisha, que l’on appelle ici geiko. Le terme geiko [芸子], composé des kanjis gei et ko, signifie littéralement « enfant de l’art ».

Situé à proximité de la très animée et commerçante avenue « Shijo Dori », le quartier de Gion tranche complètement, avec son atmosphère intimiste, ses lumières tamisées, et une rue presque piétonne. On se croirait presque à une autre époque. Le changement est flagrant et immédiat lorsque l’on pénètre dans la rue Hanamikoji.

La rue est parsemée de maisons traditionnelles japonaises appelées machiya. Certaines sont des ochaya, c’est-à-dire des maisons de thé, d’autres des restaurants appelés  ryōtei.

entrée d'une machiya

A l’intérieur de ces machiya ou ochaya, les clients peuvent solliciter la présence de geiko. Contrairement à une idée reçue particulièrement répandue, les geishas ne sont pas des prostituées. Ce sont des dames de compagnie raffinées, dont le rôle est de divertir le client, que ce soit par la conversation, la pratique du shamisen (instrument traditionnel japonais), par des jeux…

Deux maikos (apprentis geiko) se croisant, grand sourire aux lèvres

Le vêtement traditionnel d’une geiko est un kimono de soie (obebe) avec un décolleté dans le dos, afin de découvrir la nuque (considérée comme une source de désir). Le kimono est noué dans le dos avec une large ceinture de soie nommées obi, qui se noue différemment suivant l’âge de la geisha. Les jeunes geishas « maiko » les portent en traîne. Les geishas portent aux pieds des chaussettes (tabi) et des sandales de bois (geta).

Le maquillage est en réalité l’apanage des jeunes geishas. En effet, au fur et à mesure de leur carrière, elles diminuent la quantité de maquillage. La caractéristique principale est le visage entièrement fardé de blanc, par dessus une couche d’huile. Les joues, les yeux et les lèvres sont maquillés de rose et de rouge. La nuque est elle aussi fardée de blanc, mais une zone de la peau reste découverte.

Enfin la coiffure des geishas est un chignon japonais traditionnel coupé en deux avec une étoffe rouge en son centre. Il est réalisé chez un coiffeur, et tient environ une semaine. Afin de ne pas le défaire, les geishas doivent dormir sur un « repose nuques ». Mais certaines préfèrent l’utilisation de perruques, plus pratiques d’usage.

Vous pouvez avoir un petit aperçu des différents préparatifs sur cette vidéo:

Les principaux clients des geishas sont des riches hommes d’affaires d’un certain âge, que l’on voit arriver en grosse voiture avec chauffeur, ou autres taxis. Un samedi soir en avril, le balai est incessant. On peut apercevoir les geiko lorsqu’elles se rendent auprès de leurs clients dans un des restaurants ou autres établissements. On voit aussi beaucoup de serveurs circuler dans les rues pour approvisionner les restaurants en riz (cuit).

Le quartier gagne énormément à être visité en soirée, de préférence un vendredi ou samedi soir. Cependant tôt le matin, lorsqu’il n’y a personne, ce n’est pas désagréable non plus. Cela permet de mieux se rendre compte de l’architecture du lieu.

maiko, accompagnée d'un client?

On pourrait penser que les geishas d’aujourd’hui ne sont qu’une attraction pour touristes, mais ce n’est pas le cas. En effet les geishas d’aujourd’hui vivent toujours dans des maisons traditionnelles à geishas, elles apprennent le shamisen, le shakuhachi, la calligraphie, la cérémonie du thé, la poésie, les chansons traditionnelles, la littérature. Bref elles perpétuent le savoir-faire et les traditions du passé. La seule concession au monde moderne est qu’elles vont maintenant à l’école durant leur enfance, et que la décision de devenir geisha leur revient.

Pour prolonger cet article et en découvrir un peu plus sur cettte profession et ce quartier, je vous invite à regarder le film « Les Soeurs de Gion » de Mizoguchi, tourné en 1936 (en noir et blanc).

maiko, avec une longue traîne

Voilà j’espère avoir réussi à vous faire partager un peu l’ambiance si particulière de ce quartier. N’hésitez pas à partager vos différentes expériences dans les commentaires :)