Un zoo en hiver

Après avoir lu le très décevant « L’homme qui marche » de Jiro Taniguchi, c’était sans grande conviction que j’ai ouvert « Un zoo en hiver » du même auteur. Mais là, miracle, la magie opéra à nouveau.

L’histoire se passe en 1966, et raconte le quotidien du jeune Hamaguchi qui travaille chez un fabriquant de textile à Kyôto. Mais son travail ne l’intéresse pas tellement, et il passe tout son temps libre à flâner au zoo et à dessiner, sa vraie passion. Ainsi lorsque se présente à lui l’opportunité de travailler dans un studio de mangas à Tokyo auprès d’un célèbre mangaka, il décide de tout abandonner pour cette nouvelle vie. Il travaille alors très dur en tant qu’apprenti, avec des horaires éprouvants, et lorsque la journée est terminé, ses collègues plus âgés lui font découvrir la vie tokyoïte, avec ses nombreux bars et excès. Même s’il ne perd pas de vue son véritable objectif qui est de dessiner son propre manga, il ne trouve pas la motivation nécessaire pour le faire. Mais c’était sans compter sur la rencontre d’une certaine jeune fille…

Sans doute un peu autobiographique, Taniguchi nous livre ici un manga très réussi qui nous montre d’un côté la vie dans un studios de mangas avec ce stress continu, cette masse de travail, la pression de devoir finir à temps, mais aussi les émois d’un jeune homme qui découvre la vie à Tokyo, les sorties dans les bars, les rencontres… Tout est retranscrit avec beaucoup de finesse et de réalisme, si bien qu’on y croit vraiment et que l’on se sent particulièrement happé par ce manga.

Mes achats manga du jour

Je viens de faire un petit tour à Paris pour m’acheter quelques mangas, et comme d’habitude je suis revenu avec bien plus que ce que j’avais prévu…

  • Undercurrent, de Tetsuya Toyoda
  • La fin du monde. Avant le lever du jour. de Inio Asano
  • La plaine du Kanto, de Kazuo Kamimura
  • Le chien gardien d’étoiles, de Takashi Murakami
  • Le cheminot de Jiro Asada et Takumi Nagayasu
  • Hokusai de Shôtarô Ishi no Mori
  • Je ne suis pas un ange T1 de Ai Yazawa
  • Yotsuba& T1 de Kiyohiko Azuma

Et enfin comme d’habitude, du Vinland Saga, du Vagabond, du Pluto et du Bakuman.

Bref de quoi lire pour un petit moment :)

Sinon, petite déception, je voulais acheter Sanctuary, publié en 1990 au Japon, mais il n’est plus édité en France.

Manabé Shima, de Florent Chavouet

« Manabé Shima » est un carnet de dessins, résultat d’une démarche un peu folle de son auteur français, Florent Chavouet, à savoir s’installer 2 mois dans une des 4000 îles du Japon. Mais pas n’importe qu’elle île, une petite île de quelques 300 habitants, et à priori sans intérêt touristique particulier. C’est donc ainsi qu’il débarque sur Manabeshima, un beau jour d’été.

Il va donc au cours de ces 2 mois rencontrer pleins de gens, nous faire partager la vie de ces personnes, la vie de l’île et surtout son atmosphère. Mais aussi des petits riens, en effet, la plupart des dessins sont annotés et ponctués de petits détails insignifiants mais souvent très drôles. C’est toujours un plaisir de tourner le livre dans tous les sens pour lire ces petites annotations incrustées dans le dessin. Avec le livre est fournie une immense carte (en dessins) de l’île grâce à laquelle on peut se repérer à tout instant.

Pour moi ce ‘Manabé Shima’, est une vraie réussite, encore plus abouti que son précédent Tokyo Sanpo, dans la mesure où il y a un lieu unique, des personnages que l’on retrouve tout au long du livre, un fil conducteur clair, et l’on est réellement plongé dans l’atmosphère de l’île, à tel point qu’on a l’impression de la connaître et d’y avoir vécu.

Les dessins aux crayons de couleurs sont tout simplement magnifiques, très détaillés, aux couleurs chatoyantes, et transmettent bien l’impression de vie. Certains dessins de nuit comme la « miss Hana-bi » sont vraiment sublimes. Chapeau.

L’humour est omniprésent, pas de l’humour qui vous fera tordre de rire à ne plus pouvoir respirer, mais un humour saupoudré un peu partout et qui vous fera avoir un  grand sourire tout au long de la lecture. Il y a par exemple ces portraits des chats de l’île, omniprésents, avec une carte des différents gangs de chats sur l’île, une étude de leurs comportements, des dialogues fictifs… L’incompréhension entre l’auteur et les différents gens qu’il rencontre de par la langue (car oui il ne parle pas japonais, ou très peu), donne aussi souvent lieu à des situations amusantes.

Un véritable coup de coeur!

Mes achats du jour

Ce midi, je suis allé faire un petit tour chez Junku et comme d’habitude je suis revenu avec pleins de choses, à savoir:

  • l’intégrale de BlackJack de Tezuka en édition de luxe (sauf que j’ai pas vu qu’il manquait le numéro 1 …)
  • Les tomes 4 et 5 de Bakuman
  • des cartes pour faciliter l’apprentissage des kanjis (j’ai un peu de mal)
  • et un autre bouquin qui référence tous les kanjis au programme

Bref de quoi travailler et ensuite se détendre :)

La biographie de Tezuka en manga

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 « Les visiteurs étrangers ont souvent du mal à comprendre pourquoi les Japonais lisent autant de bande dessinée. Une explication de la popularité des bandes dessinées dans notre pays est que le Japon eut Tezuka Osamu, là où d’autres nations n’eurent aucun équivalent. Sans le docteur Tezuka, l’explosion de la bande dessinée dans le Japon d’après-guerre eut été inconcevable. »

Voilà ce qu’écrit un célèbre quotidien japonais, et en effet Osamu Tezuka est réellement le Dieu du manga au Japon. On le considère parfois comme le Walt Disney japonais.

Tezuka en quelques chiffres, c’est 700 mangas, avec 150.000 pages dessinées au cours de sa carrière c’est une vingtaine de séries d’animations et autant de films et téléfilms d’animation. Enfin c’est 120 millions de mangas vendus depuis sa disparition en 1989 ! Des chiffres Astronomiques donc.

Une oeuvre colossale, qui a grandement influencé le manga. On retrouve souvent dans ses thèmes abordés la nature et la destinée humaine; la science l’a également beaucoup inspiré. Il a aussi régulièrement rendu hommage à des grands mythes du cinéma ou de la littérature comme Pinocchio, Blanche Neige, Faust, les chroniques futuristes de Isaac Asimov, Crime et Châtiment de Dostoïevski… Une des nombreuses particularités de ses oeuvres est la réutilisation de sess personnages dans des rôles différents, comme si ces personnages étaient des comédiens de théâtre interprétant une nouvelle pièce.

Parmi ses oeuvres les plus célèbres, citons La Nouvelle île au trésor, Astroboy , Le roi Léo, Black Jack, Barbara, Metropolis

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C’est donc la vie de ce personnage passionant qui nous est racontée dans cette biographie. Et quoi de mieux qu’un manga pour raconter la vie du plus célèbre des mangaka. Le manga est réalisé par Tezuka Productions, c’est à dire son studio et ses assistants, dans un style proche du sien. Le narrateur de cette biographie est l’oncle moustache qui est un des célèbres personnages de Tezuka. Parfois certaines photographies réelles ou  extraits de mangas de Tezuka sont inserés de manière très naturelle au sein de l’histoire de sa vie. La biographie est découpée en 4 volumes (1928-1945, 1946-1959, 1960-1975, 1976-1989), correspondant aux grandes étapes de son parcours.

Pour le moment je n’ai lu que les deux premiers volumes, mais pour les personnes qui s’intéressent un peu à l’histoire du manga, c’est passionnant. Encore une fois, bravo à Casterman pour ses choix éditoriaux, qui propose autre chose que les très représentés shonen et shojo. Je suis très rarement déçu avec cet éditeur, je pense par exemple aux oeuvres de Taniguchi, à certains magnas coréens exceptionnels comme « Histoire couleur terre », etc…

Bakuman : le nouveau manga des auteurs de Death Note

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Bakuman, c’est le nouveau manga de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, le duo de choc à qui l’on doit déjà Death Note. L’histoire débute lorsque Moritaka Mashiro, un jeune collégien, oublie son cahier en cours, sur lequel il a dessiné Azuki, la fille dont il est follement amoureux. Lorsqu’il revient pour aller le récupérer, Akito Takagi, le meilleur élève de la classe qui a son avenir tout tracé, l’attend. Impressionné par la qualité de son dessin, il lui propose de se lancer dans le manga professionel en format un duo: Mashiro au dessin et lui au scénario. Mashiro dont l’oncle était mangaka connaît bien ce milieu et ses difficultés et dans un premier temps refuse. Mais suite à un évènement que je ne peux dévoiler pour ne pas trop spoiler, il va finir par accepter. Par la suite on va donc suivre les débuts de ces deux-là dans le monde difficile du manga professionnel.

Il s’agit donc d’un manga sur le mileu du manga, il fallait y penser ! Et quand on sait que le dessinateur et le scénariste de Bakuman sont les créateurs de Death Note, on peut donc s’attendre à un très bon manga. Et biens sur ils sont parfaitement crédibles pour décrire ce monde là, et raconter des anecdotes sur le milieu. Il nous entraine par exemple dans les coulisses du magazine Shonen Jump (ultra célèbre magazine de prépublication de mangas shonen, à prix très abordable). Alors bien sur tout n’est pas crédible, comme devenir un grand mangaka en étant collégien, mais c’est toujours plus sympa d’avoir des personnages principaux hors-normes, géniaux que des gens ordinaires. D’ailleurs c’est un shônen, pas un seinen, donc tout est dit. En tout cas tout comme Hikaru no go m’avait donné envie de m’initier au go, maintenant j’ai envie de dessiner ^^

Bref pour le moment j’ai lu les deux premiers tomes qui sont sortis en France, et ça m’a beaucoup plu. J’avais repéré ce manga au Japon, lors de mon dernier voyage, et j’avais acheté le premier tome. Du coup ça m’a permis de comparer la version japonaise originale avec la version française, par curiosité. Les deux versions se ressemblent beaucoup, même format, même couverture, pas de retouches de dessins (encore heureux ^^). La seule différence que j’ai pu observer était que la version japonaise avait une qualité d’impression un peu meilleure (plus contrastée) et que le papier était un peu plus épais.

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Quelques mots sur les auteurs de ca manga:

Tsugumi Oba, le scénariste, est un personnage mystérieux puisque personne ne connaît sa réelle identité. On ne sait même pas si c’est un homme ou une femme. En tout cas beaucoup pensent que ce pseudonyme cache un scénariste célèbre. Certains pensent qu’il pourrait s’agir de Hiroshi Gamō. Avant Bakuman il a uniquement travaillé sur Death Note.

Takeshi Obata, le dessinateur (c’est son vrai nom) est également un être talentueux puisqu’on lui doit les dessins de Death Note et de Hikaru no Go, entre autres. Pour en savoir plus sur Hikaru no go, j’avais écrit un article il y a quelques temps.

Et pour finir un reportage sur Bakuman passé à la télé japonais, où l’on découvre les locaux du Shonen Jump pour de vrai, avec la comparaison avec ce qui est dessiné dans le manga.

L’île panorama

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L’île panorama est un manga de Suehiro Maruo adapté d’une histoire de Ranpo Edogawa et qui raconte l’histoire d’un écrivain raté qui rêve de construire un paradis terrestre, où tout est propice à l’émerveillement. Lorsqu’il apprend la mort de Komoda, un riche homme d’affaires qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, il va décider d’usurper son identité afin de s’emparer de sa fortune et ainsi mener à bien son projet complètement fou sur une île isolée. Bien sur la vérité va finir par le rattraper…

La conception de l’île s’inspire d’un conte d’Edgar Alan Poe, le fameux écrivain américain et il est amusant de constater que le nom Edogawa Ranpo, n’est rien d’autre que la transcription phonétique japonaise d’Edgar Alan Poe. Edogawa Ranpo est un célèbre écrivain japonais de romans policiers, décedé en 1965. Il a donné son nom à un prix, le prix Edogawa, qui récompense chaque année les meilleurs romans policiers.

Le style de dessin de ce manga appartient au mouvement ero-guro, dont le fondement consiste à combiner l’érotisme à des éléments macabres et grotesques.

L’île panorama est donc un manga intéressant réservé à un public averti. Il comporte un seul tome, donc il se lit assez vite, mais cela se prête bien à ce genre d’oeuvre. Certains passages sont un peu sordides et malsains, mais le manga vaut surtout par la description et les dessins de cette fameuse île, où tout est conçu pour émerveiller le visiteur (et le lecteur).

NonNonBâ de Shigeru Mizuki

nonnonba

En allant faire un tour chez l’éditeur de bandes dessinées Cornelius (j’ai la chance de travailler à 2 pas de leurs locaux), je suis tombé sur ce manga de Shigeru Mizuki. (のんのんばあとオレ en version originale soit « Mémé et moi »)Tout d’abord ne vous fiez pas à la couverture qui est il faut bien le dire assez moche, il s’agit là d’un manga vraiment passionant qui nous plonge dans le Japon des traditions et des yôkais (monstres, esprits).

L’histoire se situt au début des années 30 dans une petite ville de la côte ouest du Japon. Une vieille dame, véritable puits de connaissance des croyances et légendes de la région va être acceuillie par la famille du jeune Shigeru. Elle va alors abreuver l’imaginiaire déjà débordant du jeune garçon de nombreuses histoires de monstres et fantomes.

Cet album a reçu le prix du meilleur album en 2007 au festival d’Angouleme

Shigeru Mizuki est un mangaka âgé de maintenant 87 ans qui s’est rendu célèbre par ses nombreux dessins de yôkais. Sa ville natale a d’ailleurs profité de son succès pour ériger près de 120 statues à l’effigie de yôkais sur son avenue principale. Son manga le plus connu s’apelle Kitaro le repoussant.