Ikebukuro West Gate Park

« Je m’appelle Makima Makoto. Je suis sorti l’an dernier d’un lycée professionnel de mon quartier, Ikebukuro. La belle affaire. Dans ce lycée, un tiers des élèves abandonnent en cours de route. Yoshioka, de la brigade des mineurs, me disait que mon bahut, c’était un élevage de yakouzes. Bagarres, drogue, et des drôles de fréquentations.

Une fois fini le lycée, j’ai glandé. Je n’avais aucune chance de trouver un vrai travail, et je n’en cherchais pas non plus. Même pour un petit boulot j’avais la flemme. Quand les fonds devenaient trop bas, j’allais donner un coup de main à ma mère dans son magasin de fruits pour me faire un peu d’argent de poche. [...] Nos voisins, ce sont des salons de massages, des magasins de vidéos X, des restaurants de viande grillée. [...] Voilà, ça c’est chez moi. »

Voilà donc comment commence ce « Ikebukuro West Gate Park » de Ishida Ira.

Vous l’aurez compris, Makoto n’est pas un gros bosseur et il passe une grande partie de son temps à traîner dans les recoins d’Ikebukuro et particulièrement au square d’Ikebukuro sortie ouest. Son truc à lui, c’est de solutionner les embrouilles, avec comme seule arme son énergie et sa débrouillardise. Pas tout à fait non plus, car il a pour ami Takashi, le chef des G-boys le gang  de jeunes d’Ikebukuro.

On fait donc appel à lui pour résoudre des affaires, dont il est parfois préférable de ne pas lier la police. La traque d’un étrangleur, l’arrivée d’un nouveau gang qui compromet la paix dans le quartier, l’enlèvement du fils d’un yakouza; toutes ces histoires nous plongent dans la vie de ce quartier, et nous font découvrir à chaque fois différents aspects. Si bien qu’en sortant de la lecture de ce livre, on a vraiment l’impression de connaître ce quartier, ses gens, ses zones d’ombres. On se verrait bien assis sur un banc aux côtés de Makoto, en train de glander et observer les passants, en attendant la prochaine affaire.

Je ne vais pas vous le cacher, j’ai vraiment adoré ce livre en 3 volumes, que j’ai lus d’une traite, à raison d’une histoire par soir (Le livre est divisé en chapitres qui correspondent  chacun à une histoire différente). J’ai appris qu’il y avait également un anime et un drama adaptés du livre, mais je ne suis pas sur d’avoir envie des les voir, de peur d’être déçu. En tout cas pour ce qui est du livre, courez-y!

« Le jour où rien ne va plus, où vous en avez assez du boulot ou de l’école, venez faire un tour à Ikebukuro. Au début, ça vous demandera peut-être un peu de courage, mais desserez donc votre cravate ou le col de votre uniforme et asseyez-vous au bord des rues. Alors vous verrez apparaître un monde qui bous ne soupçonniez pas. »

Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil

Après avoir lu un pavé de 900 pages de Kazuo Ishiguro, il faut bien le dire assez ennuyeux, j’avais besoin d’un retour aux sources. Le choix était évident, il me fallait lire un Haruki Murakami. Mon choix s’est alors porté sur « Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil ».

Le livre raconte l’histoire d’un jeune garçon, Hajime, qui habite avec ses parents dans une petite ville paisible de province. Dans l’école qu’il fréquente, il se lie d’amitié avec Shimamoto-san, une jeune fille un peu solitaire, très jolie et souffrant d’un léger handicap physique (elle traine légèrement la jambe). Très vite il va tomber follement amoureux d’elle. Mais suite à un déménagement de ses parents, ils vont peu à peu perdre le contact.

Hajime poursuit alors sa vie, enchaînant les expériences et les conquêtes. Et à l’aube de la quarantaine, il est maintenant un homme marié, avec deux charmantes petites filles, un travail qui lui plaît (il est responsable de deux bars de jazz), et possède une vie que l’on pourrait qualifier de parfaite. Mais il sent qu’il lui manque quelque chose dans sa vie. Puis un jour arrive Shimamoto-san qui lui rend visite dans son bar, après toutes ces années…

Comme vous l’aurez sans doute compris, il s’agit d’un livre axé sur la passion amoureuse,  les choix d’une vie. Ce roman est assez inhabituel pour Haruki Murakami, puisqu’il n’y a pas du tout de fantastique (même s’il y a malgré tout une part de mystère), et qu’il est assez court (200 pages). Il s’agit néanmoins d’un très beau livre, passionnant. Il contient probablement une part autobiographique puisque Haruki Murakami a lui-même tenu un bar de jazz pendant huit ans.

En tout cas, une chose est sûre, on ressort de ce livre avec une folle envie d’en ouvrir un autre du même auteur!

Miso Soup, de Ryû Murakami

misosoup

« Miso Soup » raconte l’histoire de Kenji, un jeune japonais de vingt ans freelance dont le job consiste à guider les touristes étrangers dans le quartier chaud de Kabukichô, à Tôkyô. Ce quartier sous l’emprise des yakuzas est célèbre pour ses bars, clubs de strip-tease, love hotels, prostituées…

C’est donc en compagnie de Frank, un touriste américain ayant loué ses services pour 3 nuits, que Kenji va arpenter ce quartier, pour satisfaire tous les fantasmes de son client. Mais petit à petit, il va se rendre compte que Frank est parfois vraiment étrange, et il va finir par acquérir la conviction que Frank est en réalité un meurtrier

Si le premier roman de Ryû Murakami « Bleu presque transparent » ne m’avait pas convaincu, celui-ci m’a en revanche vraiment captivé. L’atmosphère glauque du quartier est parfaitement retranscrite, le personnage de Frank est réellement inquiétant et l’on se sent en danger parfois à la place du narrateur (Kenji). En revanche il garde un défaut (à mon sens) qui était déjà présent dans le précédent; certains passages qui font vraiment dans le trash, l’horreur parfois à la limite du soutenable. On sent qu’il y a une volonté de choquer, de mettre le lecteur mal à l’aise, même si cela ne sert pas forcément l’histoire. Mais cela ne concerne que quelques pages, et le roman m’a dans l’ensemble beaucoup plu. Bref je vous le recommande.

Et vous qu’en avez-vous pensé?

Tokyo Sanpo

tokyo_sanpo.jpg

Tokyo Sanpo, c’est un livre de dessins faits par un français ayant vécu six mois à Tokyo avec sa compagne. Mais le mieux pour présenter cette oeuvre, c’est encore de citer l’auteur, Florent Chavouet « Il vaut mieux s’amuser de l’insignifiant que de s’en éloigner. Le dépaysement, à Tokyo et au Japon en général, tient plutôt dans cet état d’éveil un peu con qui nous fait admirer un panneau de route tout simplement parce qu’il n’est pas comme chez nous, ou une étiquette de fruit parce qu’on ne comprend pas ce qui est écrit dessus« .

Il s’agit donc ici de représenter des tranches de vies, des petits détails insignifiants, dont le but, plus que de vous donner un panorama complet de Tokyo, vise avant tout à vous en faire ressentir l’atmosphère, et c’est de ce côté là très réussi! Il y a des dessins de ruelles, des portraits de gens, des petits commerces, des parcs…

tokyo_sanpo2.jpg

Le livre est structuré en chapitres, chacun consacré à un quartier. Pour chaque quartier, il y a un dessin de koban (ces petits commissariats de proximité) qui sont un peu le fil conducteur du livre, et un plan (dessiné, avec pleins de petites annotations rigolotes). Le livre est aussi ponctué de petites blagues, de dessins de sociologie facile, de petites anecdotes…

tokyo_sanpo3.jpg

Bref vous l’aurez compris, si vous êtes intéressés par le Japon (ce qui est assez probable si vous vous trouvez ici ^^), vous pouvez vous jeter dessus! C’est mon coup de coeur du moment.