Le Sichuan vous connaissez? Non? Mais si… la province de Chine où l’on trouve que des plats rouges vifs à base de piments qui arrachent la gueule. Peut-être le poivre du Sichuan alors? Celui qui t’anesthésie la bouche quand tu croques dedans. Toujours pas? Le Sichuan c’est aussi l’endroit où l’on trouve le plus grand nombre de pandas à l’état naturel. Ah, je sens que je commence à éveiller votre curiosité!

Le Sichuan 四川 est donc une province de Chine, située dans le centre ouest du pays. Le nom signifie littéralement les “quatre rivières”. Sa capitale est la ville de Chengdu que je vais longuement vous présenter dans les articles à venir. Vous verrez que c’est une ville très agréable avec beaucoup de choses à voir/expérimenter.

Mais rentrons maintenant dans le vif du sujet. Ici nous sommes dans le Du Fu cottage, que l’on pourrai traduire par la chaumière de Du Fu. Il s’agit d’un lieu ou vécu le célèbre poète chinois Du Fu de la dynastie Tang, dans les années 760. Il y vécut 4 ans et y écrit pas moins de 240 poèmes. Autour de ce qui était sa maison a été aménagé un grand parc à sa mémoire.

Le parc est assez grand (24 hectares) et il est très agréable de s’y promener. On déambule au gré de nos envies. Il y a vraiment de nombreux recoins, et beaucoup de choses à découvrir.

En cette saison, courant mai, la végétation est luxuriante. A Chengdu, on parle de climat de type subtropical humide chaud.

Vert, vert, c’est vraiment très vert

Nul besoin d’arroser, c’est le pied

Du Fu

Le parc comporte également de nombreux plans d’eaux avec des poissons. Vous ais-je déjà dit que la construction d’un grand bassin avec des carpes koï et des tortues était un de mes objectifs dans la vie? Pour de vrai!

Au bord de l’eau se trouve une petite librairie où l’on peut acheter des poèmes de Du Fu.

Et aussi visiblement des livres sur Bob Dylan. L’un n’empêche pas l’autre voyons!

Le soleil pénètre sous les stores, en dardant ses rayons obliques,

Et, sur les bords de la rivière, s’accomplissent en silence les rudes travaux du printemps.

Tandis que les jardins du rivage embaument l’air des parfums que mille fleurs répandent,

Sur la barque flottante, on fait bouillir du riz pour le repas du soir.

Les passereaux, qui se disputent leur nourriture, s’ébattent bruyamment dans le feuillage.

Des insectes ailés bourdonnent çà et là dans l’espace ; ils ont envahi ma maison.

Vin généreux ! qui donc vous a donné tant de puissance ?

A chaque tasse que je verse, je sens mille chagrins s’évanouir !

Du Fu – Au coucher du soleil

 

Parmi les nombreux végétaux présents, il y a pas mal de bambous, toujours du plus bel effet.

Ici les jardiniers prennent vraiment soin des arbres. Béquille de soutien, et perfusion. On abandonne pas un arbre qui se meurt, ça ne se fait pas.

Trève de bêtises, je me tais un peu, et je vous laisse apprécier la beauté et la sérénité du lieu.

Ça fait du bien n’est-ce pas toute cette végétation? Un bon bol d’air frais et de nature.

Ici tout est de bon goût. Ils auraient pu mettre un magasin horrible de souvenirs avec des casquettes “I love Du Fu”. Mais non, ici on vend que des objets tout mignons d’artisanat. Éventails colorés, sacs en toile, dessins…

Et tout ça dans un cadre magnifique. Ici on est dans la cour intérieure d’un mini “centre commercial” qui vend et expose des objets d’artisanat.

Même les lanternes sont stylées.

Et si l’envie vous en dit, vous pouvez prendre un thé dans une des nombreuses cours intérieures.

Cette allée bordée de bambous et de murs rouges offre une perspective magique.

Au coucher du soleil, il fait bon monter en bateau et pousser au large ;

Un vent léger s’élève, qui fait onduler au loin la surface de l’eau.

Bientôt des bambous touffus invitent les promeneurs à s’arrêter sous leur feuillage;

Les nénuphars, en cet endroit tranquille, embaument l’air de leurs fraîches senteurs.

Les jeunes seigneurs s’occupent à préparer des boissons glacées

Tandis que de belles filles lavent les racines savoureuses de la fleur qu’elles ont sous les yeux

Pour moi, j’aperçois un nuage sombre qui déjà plane au-dessus de nos têtes ;

La pluie va me fournir, sans doute, un sujet pour faire quelques vers.

Du Fu

On croise parfois des félins de type chat. Ces derniers se baladent nonchalamment où ils veulent sans respecter aucune règle, et sans même payer l’entrée. Pour qui se prennent-ils?

Mais que peut-on dire face à une petite bouille comme ça?

Et voilà la visite touche à sa fin. Et la maison de Du Fu me direz vous, c’est laquelle? Très bonne question. Mais vous ne croyiez quand même pas que j’allais vous révéler tous ses secrets? A vous d’aller voir par vous même! A moins qu’elle n’ai été emporté par le vent…

Au cours du huitième mois, la tempête a emporté le toit de ma chaumière
Le chaume s’est envolé, en partie dans la rivière et le reste sur la rive
Soufflé vers le haut, il reste suspendu au haut des arbres
Soufflé vers le bas, il disparaît dans des trous
Les gamins du village du sud se moquent de ma vieillesse
Ils volent le chaume à mon nez et à ma barbe
Sans se gêner, ils l’emportent dans les bambous
La gorge sèche à force de crier, je m’en retourne
Appuyé sur mon bâton, en soupirant…
Quand donc cette longue nuit mouillée s’achèvera-t-elle ?
Comme j’aimerais voir construire une immense maison
Qui abriterait contre le froid tous les pauvres lettrés du monde
Ils seraient heureux, même dans la tempête
Car la maison serait solide comme le roc

Du Fu

Xiè xiè.


2 commentaires

kynchan · 29 juin 2018 à 21 h 30 min

C’est très … vert :D
Mais du coup, ça rend le paysage sublime et tes photos le rendent parfaitement ;)
J’ai pensé à Arashiyama l’allée de bambous au mur rouge ^^

    Laurent · 29 juin 2018 à 22 h 00 min

    A tiens je ne suis jamais allé à Urashiyama, je note ça pour mon prochain voyage. Merci pour ton commentaire :)

Laisser un commentaire