Bonjour, bonjour. Aujourd’hui je vous emmène en Chine, à Taian, une ville située à mi chemin entre Pékin et Shanghai. Que suis-je venu faire ici me demanderez-vous? Je pourrais vous répondre que j’ai fait le déplacement pour visiter le mont Taishan, la plus sacrée des montagnes de Chine d’après le taoïsme, où les empereurs venaient en pèlerinage régulièrement. Ça serait une bonne raison en soi, mais la vraie raison est plus terre à terre, il s’agit de la ville natale de ma chère et tendre!

C’est donc à deux que nous entamons l’ascension. Pour elle c’est la 7e fois, mais de mon côté je ne sais absolument pas à quoi m’attendre, je ne me suis pas trop renseigné avant le départ. A vrai dire, je m’attends plutôt à une promenade tranquille. Et au départ cela commence par un escalier en pierre pas trop raide, ce qui me conforte dans mon idée. Le chemin est bordé de boutiques de souvenirs, équipement et ravitaillements. Après coup je me dis que cela aurait dû me mettre la puce à l’oreille.

Le long du chemin, on trouve des stèles avec des poésies gravées dessus. Il y aurait 16000 poésies en tout sur le mont. Certaines sont des chefs-d’œuvres de la calligraphie chinoise. La plus ancienne date de 200 ans avant notre ère.

Mais quelle est donc l’histoire de ce mont?

Le mont Taishan est la première des montagnes sacrées de Chine. Elle ne doit pas sa gloire à son altitude (1545 mètres) ni à ses paysages, mais plutôt à son histoire. Revenons un tout petit peu en arrière, 221 ans avant notre ère. A l’époque, la Chine est divisée en différents royaumes combattants, et un roi Qin Shi Huang, parvient à conquérir tous ces royaumes et à unifier l’ensemble du pays. C’est le tout premier empereur de Chine à qui l’on soit la standardisation de l’écriture, la langue, la monnaie, les poids et les mesures et est vu comme le père de la grande muraille de Chine. Depuis le règne de cet empereur, le mont Taishan est considéré comme une étape obligatoire des empereurs pour prouver leur mandat divin. Après leur accès au pouvoir, ils devaient effectuer le voyage jusqu’à Taishan et monter au sommet pour y prier le ciel et la terre. 

La montagne est considérée comme le foyer spirituel de la nation chinoise. Il est également symbole de paix. Selon des proverbes, « voyager au mont Taishan permet l’instauration d’une paix rassurante ». On dit en outre « stable comme le mont Taishan » ou encore « si le mont Taishan demeure en paix, alors il en sera de même pour le monde entier ».

Voilà un peu pour la partie culturelle, continuons maintenant l’ascension. Vous l’aurez remarqué, ce n’est pas un chemin sauvage comme on peut y être habitué dans nos montagnes françaises, mais un chemin en pierre, avec des escaliers.

Des escaliers qui sont d’ailleurs de plus en plus nombreux au dur et à mesure que l’on progresse. Ici on n’y va pas par quatre chemins, la pente on la prend quasiment de face!

Parfois on croise sur le chemin des vieux temples, l’occasion de souffler deux minutes. Ici les arbres semblent anciens, et tout aussi attachés à la montagne que le sont les chinois.

Un gardien veille à ce que n’importe qui ne pénètre pas sur cette terre sacrée. Sans doute un ancêtre éloigné d’Emmanuel Chain.

Ici un rare passage de plat, sous les ombres des conifères, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Une stèle sur le dos d’une tortue. La tortue est symbole de longévité en Chine et est aussi connue comme détenant les secrets du ciel et de la terre. Par contre cette tortue fait un peu flipper, on dirait une tortue avec une tête de tigre.

De nouveau un petit temple. Si l’ascension est fatigante, on a pas tellement le temps de le remarquer car il y a en permanence quelque chose à voir.

Des marches, encore des marches… Vous ais-je dit qu’il y avait en tout 6600 marches? La balade consiste à grimper sur une distance de 7,5 km un dénivelé de 1460 mètres! Et cela quasiment en continu. Très peu de paliers, et de faux plats, que de la montée. Heureusement tous ces chiffres, je ne les connaissais pas. Mieux vaux être ignorant dans ces cas là.

Bon point tout de même on peut acheter régulièrement des boissons, glaces, pastèques ou autres fruits et légumes. J’aimerais pas être la personne qui fait la livraison…

Je ne suis pas tout à fait sûr de la symbolique, mais j’imagine qu’il s’agit d’une sorte d’arbre à prières ou vœux.

La végétation environnante est assez foisonnante.

Des marches, toujours des marches! Mais regardez moi cet escalier de l’enfer! ^^

Premier gros palier! A ce stade, je suis déjà mort de fatigue. Heureusement il y a un petit restaurant, de quoi reprendre des forces. Je prends une soupe de nouilles chaude en terrasse, un peu à la bonne franquette. Puis nous voilà repartis.

Un des poèmes ou écrits. Comptez pas sur moi pour la traduction. J’ai commencé à prendre des cours de chinois, mais j’en suis pas encore là! Encore que, je reconnais pas mal de ces symboles.

Le chemin longe maintenant un petit cours d’eau, très faible en cette période.

Vous voyez cette forme tout en haut? Et bien c’est là que je vais… Et juste en dessous à la verticale c’est un escalier! Autant vous dire que mon moral n’est pas au plus haut, et je suis un peu dans le déni. Mais je m’accroche, et je continue.

J’ai appris que le grand père de ma compagne, 90 ans passés, avait le même chemin en sens inverse quelques jours auparavant. RESPECT.

A ce stade de la balade, je suis vraiment au bout de mes forces. Je fais une pause à peu près toutes les 50 marches.

Puis j’arrive dans la phase d’ascension finale, le moment le plus difficile.

Heureusement l’objectif est bien visible. Mais il est à la fois très près, et très loin.

Ça ne transparaît pas forcément avec les photos face à la pente, mais dès qu’on se retourne, on se rend compte que la pente est vraiment très raide! Imaginez un peu à l’époque la galère des porteurs de l’empereur qui devaient emprunter ce chemin tout en portant un palanquin. Quelle vie!

Heureusement pour moi, pas de palanquin à porter.

Et après toutes ces peines, me voici donc tout en haut! Je l’ai fait!! 

Enfin… presque tout en haut. En réalité il y a encore des escaliers et pas mal de choses à voir au sommet.  Mais ça, ce sera pour la deuxième partie!

Catégories : Chine

3 commentaires

kynchan · 18 mai 2018 à 20 h 10 min

Mon Dieu tous les escaliers :o
A côté, Fushimi Inari ou encore Miyajima, c’est de la pacotille lol

    Laurent · 10 juin 2018 à 16 h 07 min

    haha oui en effet, je me suis fait la même réflexion quand j’étais là-bas.

Ascension du mont Taishan – Partie II – Unagi Desu! · 10 juin 2018 à 16 h 07 min

[…] l’ascension du mont Taishan par l’escalier interminable, à la Saint Seiya, nous voici finalement au sommet, où se […]

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