Ōsaka – Le Shitennō-ji – Partie II Le héron et la carpe koï

Continuons notre visite du Shitennō-ji avec le Rokuji-do, qui date de la période d’Edo et  est classé bien culturel important. Ce qui différencie ce temple d’un autre, c’est son grand bassin qui abrite carpes koï et tortues, et que l’on peut traverser grâce à un pont sur pilotis en pierre.

Et justement en voici une de carpe koï, avec un air un peu dubitatif. Qu’est ce qui peut bien la mettre dans cet état?

Peut-être est-ce la présence de ce héron, qui surgi de nulle part est venu se poser en plein milieu du bassin. J’ai eu tout le loisir d’observer cet oiseau élégant, qui visiblement était peu intimidé par la présence humaine et semblait s’en accommoder parfaitement.

Comme pour le défier, une carpe lui tournait autour ostensiblement, mais l’oiseau n’y prêtait aucune attention. Il ferait bien de relire la fameuse fable de La Fontaine…

Un jour, sur ses longs pieds, allait, je ne sais où,
Le héron au long bec emmanché d’un long cou:
Il côtoyait une rivière.
L’onde était transparente ainsi qu’aux plus beaux jours;
Ma commère la carpe y faisait mille tours,
Avec le brochet son compère.
Le héron en eût fait aisément son profit:
Tous approchaient du bord, l’oiseau n’avait qu’à prendre.
Mais il crut mieux faire d’attendre
Qu’il eût un peu plus d’appétit:
Il vivait de régime et mangeait à ses heures.
Après quelques moments, l’appétit vint: l’oiseau,
S’approchant du bord, vit sur l’eau
Des tanches qui sortaient du fond de ces demeures.
Le mets ne lui plut pas; il s’attendait à mieux,
Et montrait un goût dédaigneux,
Comme le rat du bon Horace.
«Moi, des tanches! dit-il; moi, héron, que je fasse
Une si pauvre chère? Et pour qui me prend-on?»
La tanche rebutée, il trouva du goujon.
«Du goujon! c’est bien là le dîner d’un héron!
J’ouvrirais pour si peu le bec! aux dieux ne plaise!»
Il l’ouvrit pour bien moins: tout alla de façon
Qu’il ne vit plus aucun poisson.
La faim le prit: il fut tout heureux et tout aise
De rencontrer un limaçon.

Ne soyons pas si difficiles:
Les plus accommodants, ce sont les plus habiles;
On hasarde de perdre en voulant trop gagner.
Gardez-vous de rien dédaigner,
Surtout quand vous avez à peu près votre compte.
Bien des gens y sont pris. Ce n’est pas aux hérons
Que je parle; écoutez, humains, un autre conte:
Vous verrez que chez vous j’ai puisé ces leçons.

Un peu plus tard, j’ai retrouvé le héron de l’autre côté du bassin entouré de tortues ressemblant à des disciples vénérant un grand gourou. « maîîîîître, enseignez nous la voie ». Décidément ce héron aime être le centre de toutes les attentions.

Aller je quitte ce héron égocentrique…

Dernière étape de cette visite avec les jardins de Honbo, auxquels on accède en traversant une série de cours. Il n’y a absolument aucun touriste et quasiment personne à part quelques hommes en costume cravate qui se rendent au compte-goutte à une réunion secrète, dans ce bâtiment où l’on est accueilli par un homme au regard inquisiteur. Étrange…

Autre étrangeté avec cet objet qui ressemble à un bélier en forme de poisson, qui a visiblement quelques années derrière lui, et peut-être quelques portes de châteaux démolies. Mais ce ne sont que pures suppositions.

Et voici finalement l’entrée du jardin. Alors disons le tout de suite, un jardin japonais en hiver, c’est pas la joie. Mais au moins il remplit très bien son rôle d’apporter tranquillité et sérénité.

Cela dit les pelouses jaunies donnent un cachet particulier intéressant. Mais cela manque quand même un peu de couleurs et de vie.

Encore, des carpes koï. Le petit abri au milieu de l’eau sert j’imagine à abriter les tortues, à moins que ce soit l’habitation d’un kappa?

Et maintenant je vous laisse apprécier en silence l’atmosphère du lieu.

Et voilà donc pour la visite du Shitennō-ji qui malgré un temps tristounet, reste néanmoins une visite intéressante. Et de toute façon quel que soit l’endroit que vous visitez il y aura toujours quelque chose qui retiendra votre attention. C’est parfois pas grand chose, c’est vrai, mais ce sont de petits riens qui font de grands souvenirs. C’est beau!

7 réflexions au sujet de « Ōsaka – Le Shitennō-ji – Partie II Le héron et la carpe koï »

  1. Je crois pas avoir déjà vu un jardin japonais en hiver :o
    C’est un peu triste sans couleur et avec personne, ça n’aide pas.
    Mais c’est marrant comment justement l’ambiance reste zen et non oppressante :)
    Même avec tes photos, je trouve ça agréable ta ballade !

    • Oui c’est un peu frustrant de voir les jardins en hiver, et ça sera rebelote en janvier prochain ^^ Mais j’espère que j’aurai la chance de voir des jardins sous la neige.

    • J’ai vu effectivement cette carpe qui se battait avec une carpe toute rouge avec des petites tâches jaunes sur le dos. Elles se disputaient 2 pauvres cailloux qui dépassent de l’eau.
      Non je déconne je l’ai pas vu, je l’avais cherché pourtant oO

    • Honte à moi également : j’avais bien lu ton billet et pourtant je n’ai pas fait le lien entre les deux temples. ^^; Ce qui est sûr maintenant, c’est que la prochaine fois que je verrai le nom de ce temple, quelque chose me dit que j’irai y faire un tour. ;)

      « C’est parfois pas grand chose, c’est vrai, mais ce sont de petits riens qui font de grands souvenirs. » Quelle belle phrase ! Tout est dit !

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