Tomo no Ura – Partie I : le vieux port et ses alentours

Tomo no Ura est un petit port de pêche au bord de la mer intérieure du Japon. La ville est très pittoresque avec ses petites ruelles anciennes de la période d’Edo, et ses temples disséminés un peu partout, dont certains en hauteur dominent la baie. Depuis la fin du XIXe siècle avec l’arrivée des bateaux à vapeur, la ville a un peu perdu de sa prospérité, mais certainement pas de son charme. La ville est également célèbre pour avoir inspiré Miyazaki pour son dernier film « Ponyo sur la falaise ».

Le port abrite de nombreux bateaux de pêche, qui ne sont jamais bien gros. On est ici clairement plus dans la pêche artisanale que dans la pêche de masse avec ses énormes chalutiers.

Malgré tout, il y a quand même pas mal de bateaux, et l’on sent que la pêche perdure bel et bien.

Le phare que l’on aperçoit au centre, est un phare construit durant la période d’Edo, d’une hauteur de 11 mètres, et symbole de Tomo no Ura.

Une passerelle un peu casse-gueule pour atteindre les bateaux.

Un bateau de pêche rentrant au port.

Une ruelle ancienne, style Edo. Cet ensemble de ruelles est d’ailleurs à ma connaissance le seul endroit où l’on peut se restaurer et trouver des magasins.

Et là vous devez commencer à vous dire qu’il n’y a pas grand monde sur mes photos… Ce n’est pas que j’aime pas les gens, c’est que j’étais vraiment tout seul dans la ville! Pas un seul touriste! Autant vous dire que j’étais aux anges, un endroit comme ça pratiquement pour moi tout seul ^^ Une source inépuisable de photographies!

Bon ce n’est pas tout à fait exact, je croisais quand même de temps en temps des personnes âgées à pieds ou à vélo.

Ces petites ruelles anciennes et sinueuses sont vraiment pleines de charme, et je prends plaisir à m’y perdre. Enfin c’est une image, faut pas être doué pour s’y perdre, ce n’est pas très grand quand même :)

Je continue ma balade en longeant la mer. Ici on retrouve des maisons plus récentes, avec les fameux poteaux électriques à la japonaise! Ça fait partie du charme du Japon…

Une voiture utilitaire miniature, assez typique du lieu, où l’on en voit pas mal.

Deux papys. Celui de gauche est probablement un pêcheur avec ses bottes en caoutchouc, et son bonnet.

Un shiba inu, intrigué par ma présence.

Un héron, pensif, le regard vers l’horizon…

J’aime beaucoup cette perspective, avec cette petite ruelle qui mène directement à la mer. Le bateau de pêche, le vélo, et le scooter… Il manque juste le véhicule utilitaire miniature et on a l’a toute l’étendue des moyens de transports de Tomo no Ura.

Cette petite rue qui grimpe me tente terriblement, mais je reste concentré sur mon objectif qui est de longer la mer pour le moment.

Au loin, on peut voir le sanctuaire Yodohima Jinja, malheureusement il était en restauration.

Une plage de sable fin, on s’y baignerait presque!

Une de mes photos préférées de la journée, avec cet îlot rocheux recouvert de verdure, accessible par une longue jetée en béton, et en premier plan ces bateaux de pêche totalement pittoresques.

Là d’où je viens.

Je suis maintenant sur la jetée étroite en béton, qui s’enfonce dans la mer. Je sais pas trop bien ce que je fais là, mais je me dis qu’il y a sans doute des photos intéressantes à faire.

L’îlot rocheux vu de côté.

La couleur bleue des toits de maisons et de certains bateaux donne une harmonie au paysage vraiment intéressante.

Vue sur l’horizon.

La jetée en premier plan, avec la ville derrière. L’occasion de constater que le relief est assez accidenté.

Là je suis tout au bout de la jetée, au bord de l’îlot rocheux. Il y a quand même toujours au moins 1 mètre de large pour marcher, mais on se dit quand même qu’il faut pas faire le con et trébucher ^^

Des rochers naturels faisant office de brise lame.

La mer quasiment à perte de vue. Mine de rien ce n’est pas si fréquent que ça en mer intérieure du Japon, car il y a presque toujours des îles pour masquer l’horizon.

Des petits bateaux de plaisance, visiblement peu utilisés vu l’état des barques, pratiquement submergées.

Vue sur le port principal de Tomo no Ura, d’où j’ai commencé ma balade.

Une sentinelle ailée au garde à vous.

En 1711, un émissaire coréen a décrit la vue sur la mer depuis Tomo no Ura comme « la plus belle du Japon ».

Il est temps de revenir sur la terre ferme. L’occasion de constater qu’il n’y a pas que des personnes âgées finalement.

Un peu partout dans la ville, on peut voir des poissons sécher à l’air libre sur les balcons. Et si vous vous demandez pourquoi il y a ces filets tout autour, c’est sans doute pour les protéger des…

milans noirs! Vous vous rappelez tous ces poteaux électriques? Et bien sur tous ces câbles électriques il y a des gros rapaces! Ici ce ne sont pas des moineaux qui se posent sur les câbles mais des milans noirs^^ J’ai du en voir en tout une bonne vingtaine! Au début c’est un peu intimidant d’être observé comme ça, puis on s’y fait. J’en ai même vu un faire un piqué en plein milieu de la rue, à quelques mètres de moi. J’ai pas eu le temps de voir ce qu’il avait attrapé, mais c’était sans doute un poisson.

Encore des poissons à l’air libre, ceux là sans protection. Peut-être qu’une fois fumés ou séchés, ils n’intéressent plus les oiseaux.

Plus inhabituel, des poulpes en train de sécher! Je me demande ce qui leur donne cette couleur, est ce qu’ils sont recouverts de quelque chose, ou alors c’est la couleur naturelle en séchant?

De la même manière que l’on étend le linge, ici on étend également le poisson.

Je me redirige vers les rues époque Edo, afin de trouver un endroit ou manger car il doit être environ 13h, et je meurs de faim!

Et c’est ainsi que je tombe sur un minuscule restaurant. J’ouvre la porte glissante en bois sans trop savoir à quoi m’attendre, et là je vois un monsieur en train de confectionner des sobas. Je suis un peu perplexe car je ne vois aucune salle avec des tables et des clients, et je me dis que je me suis trompé, et que je suis en fait rentré chez des gens! Je demande quand même dans un pseudo japonais « koko wa taberu ii desu ka? » (est ce que l’on peut manger ici?) et puis il me montre une table basse (l’unique table du restaurant) où il me fait signe de m’asseoir en tailleur.

Je commande dans un premier temps un truc qui a l’air de poser problème (sans doute ils avaient pas tous les ingrédients qui fallait) et donc je change pour prendre ce qu’il me suggère, à savoir des sobas froids, fraichement préparés. Pendant que sa femme (j’imagine) s’affaire à la cuisine derrière un comptoir, le monsieur, très gentil, commence à me parler. Mon japonais étant ce qu’il est, la conversation est limitée, mais c’était malgré tout vraiment sympa. Arrive enfin mon plat (que j’ai oublié de prendre en photo, trop excité à l’idée de le gouter), et c’était tout simplement délicieux! Pas très copieux, mais vraiment bon.

Et voilà donc pour cette première partie! Pour la deuxième partie je vous entraînerai dans le Tomo no Ura spirituel avec ses nombreux temples et sanctuaires.

14 réflexions au sujet de « Tomo no Ura – Partie I : le vieux port et ses alentours »

  1. excellent ce petit coin!! L’îlot est bien plus intéressant de côté que de face!
    Ta photo des toits bleus est superbe, le linge et le poisson m’ont bien fait rire, et bravo pour l’aventure au restaurant, c’est pas facile d’entrer dans ce genre de petit coin quand on est seul et qu’on parle peu!

    hâte de lire la suite!!

    • C’est vrai que pour le restaurant c’est pas toujours évident, mais là je n’ai pas trop hésité, mon instinct de survie a parlé :) Je n’avais pas tellement le choix, il n’y avait pas de 7eleven ou autre solution de secours ^^

      Sinon c’est vrai que c’est étonnant de voir tous ces poissons sécher partout, je me demande si c’est pour leur propre consommation, et de quelle façon ils les consomment ensuite.

    • J’espère que tu as beaucoup de vacances ou de temps libre alors :) Surtout que je n’ai pas encore dévoilé mes plus belles balades ^^

      • Héhé, il me tarde de voir tout ça ! En fait, comme je te l’ai déjà dit je crois, j’ai déjà fait plein de balades dans le coin. Le problème est que mes souvenirs sont tellement effrités que je n’ai plus vraiment envie d’en faire un carnet de route… sans y retourner pour me rafraîchir la mémoire ! Yep, il va me falloir de sacrés vacances (c’est au programme mais chut ! c’est encore un secret). ^^

        PS : t’utilises quoi comme APN au fait ?

        • J’utilise un Canon EOS 550D avec un objectif Tamron 18-200mm. C’est mon premier appareil réflex, et j’apprends tant bien que mal à force de tâtonnements à obtenir ce que je veux. Mais c’est pas toujours facile, il me manque un peu de technique. Avant j’avais un Lumix TZ3 qui était pas mal du tout.

          Tu es photographe de métier? Si c’est le cas j’imagine que tu dois avoir une petite collection d’appareils :)

  2. Mon premier réflex était un 350D mais tu es sacrément mieux équipé niveau objectif que je ne l’étais à l’époque ! Il y a certes parfois des impairs, mais on s’éclate tellement à tester des trucs avec ce genre d’appareils : amuse-toi bien !
    Oui, les Lumix sont vraiment étonnants niveau qualité. Perso, maintenant, j’utilise principalement un Lumix GF2.
    Oh que non, je suis tout sauf photographe de métier ! J’aime voyager, c’est tout. ;)

  3. Haru no umi! Mer de Printemps de Michio Miyagi a été composée à Tomo no Ura!
    Je l’aime beaucoup et je l’écoute en regardant tes belles images.
    Le voyageur de passage que tu es, n’a-t-il pas eu envie de s’attarder, même d’y rester? C’est très beau.
    La dorade rose de Tomo no Ura est fameuse dans le coin!
    Quel beau souvenir le tien du restaurant! Vraiment sympa et unique.
    J’aime beaucoup ton sens du détail: les oiseaux marins, les rapaces, le chien, le poisson séchant à l’air et au soleil! C’est vraiment original!
    Etant petite, j’ai vu dans mon pays la morue sécher au soleil! Le soir, elle était rentrée pour sortir le lendemain matin s’il faisait beau!

    J’adore la quiétude qui règne partout et les monts arrondis!
    Je me demande s’ils sont rose à présent…

    Merci beaucoup d’avoir partagé tes souvenirs avec nous.

    • C’est vrai que c’est vraiment agréable comme endroit, et j’aurais pu y rester plus longtemps. Mais en voyageant seul, on a beau voir des choses exceptionnelles, on ne le partage avec personne, et donc le plaisir de flâner est bien moindre. Mais peut-être qu’un jour j’y retournerai accompagné, qui sait…

      Je ne savais pas que la dorade rose de Tomo no Ura était réputée, merci pour l’info. Et je ne connaissais pas non plus la chanson Haru no umi, j’ai encore beaucoup à apprendre ^^

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