Séisme du 11 mars 2011 au large de Sendai

Comme vous l’aurez sans doute remarqué, je n’ai pas pour habitude de parler d’actualité sur ce blog, mais comment ne pas parler des évènements tragiques survenus aux Japon ces deux dernières semaines, évènements dont on ne mesure toujours pas l’étendue des conséquences.

Bref rappel des faits

Le 11 mars 2001 à 14h26, un séisme de magnitude 9.0 a lieu au large de Sendai. Une terrible secousse de plusieurs minutes ressentie dans tout le Japon. Une quinzaine de minutes plus tard, un tsunami déferle sur les côtes japonaises et ravage tout sur 200km de côtes, jusqu’à 5km à l’intérieur des terres. Des milliers des victimes sont dénombrées et des villes entières sont détruites. Enfin le tsunami endommage une centrale nucléaire à Fukushima, qui va subir plusieurs explosions et libérer de la radioactivité dans l’air. A l’heure actuelle son état reste incertain.

Mon vécu

Lorsque j’ai appris pour le séisme et vu les premières images du tsunami cela m’a vraiment fait un choc. Le pays que j’affectionne tellement touché par une telle catastrophe. C’était vraiment la première fois que je ressentais ça.

A partir de là j’ai commencé à suivre en continu tous les jours sur twitter (japonais et français vivant au Japon) et ustream (NHK et TBS), les dernières nouvelles. Bien évidemment tout le monde était abasourdi par ce qu’il s’était passé, et aussi inquiet à cause des répliques incessantes, de la crainte d’une réplique encore plus forte, et de l’état de la centrale nucléaire. Ce qui m’a vraiment marqué, c’était les répliques incessantes du séisme, avec les bips qui le signalent en direct à la télé, les réactions des gens sur twitter qui n’en peuvent plus, qui parfois n’arrivent pas à fermer l’oeil. Avec en plus parfois de nouvelles alertes tsunamis.

En tant que simple spectateur je me suis senti complètement impuissant, et presque coupable de ne pouvoir rien faire, même si les dons à la croix rouge japonaise permettent de se sentir un minimum utile. Pendant toute cette période j’étais également d’humeur massacrante à l’égard des personnes qui ne partageaient pas la même préoccupation que moi et pour qui il s’agissait d’une simple catastrophe comme il y en a chaque année.

Les médias occidentaux

Ayant suivi à la fois les informations à la source (télés japonaises et personnes sur place) et les médias occidentaux (France2, I-tele, SkyNews, BBC, Le Monde…), j’y ai constaté un tel décalage que cela m’a profondément choqué. Chaque média faisait dans la surenchère et jouait sur le sensationnel. Tout y était exagéré, dramatisé, non vérifié, avec des jingles ressemblait parfois à des films catastrophes hollywoodiens. On était régulièrement dans l’irrationnel, particulièrement à propos de la centrale de Fukushima. Des chiffres étaient avancés, alarmistes, sans prendre la peine d’expliquer ce qu’ils signifiaient, quelles étaient les échelles, leur évolution dans le temps… L’envoyé spécial de France 2 qui quitte Tokyo pour Osaka (à 700km de Fukushima) alors que la radioactivité sur Tokyo est quasi inexistante.

La politique

D’un point de vue politique, deux choses m’ont choqués. Premièrement la récupération politique du sujet par les verts, en surfant sur les peurs véhiculées par les médias, alors même que des milliers de personnes victimes du tsunami étaient encore en détresse.

Aussi l’attitude de la France qui conseille aux français d’évacuer Tokyo, et qui envoie des avions pour rapatrier les français sur place. Quel message envoyé aux japonais ! J’aurais préféré que nos avions servent à envoyer plus de secouristes et plus rapidement.

Ces français qui ont « fui » le Japon

Suite à cela, des milliers de français auraient quitté le Japon quelques temps, et évidemment des journaux et particuliers se sont empressés de ressortir les vieux clichés sur ces français « couards ». J’ai même vu certaines personnes s’excuser d’être français sur twitter…

Mais franchement peut-on blâmer ces personnes dont leur propre gouvernement affrète des avions pour évacuer le pays, dont les médias nationaux abreuvent les gens d’informations ultra anxiogènes, dont les familles évidemment sont très inquiètes. Dans la même situation j’aurais probablement fait la même chose et quitté le Japon quelques temps.

L’avenir

Difficile de prédire ce qui se passera dans les prochaines semaines avec la centrale de Fukushima. La situation semble tout de même préoccupante et difficile à gérer et l’on s’oriente probablement vers un résolution du problème assez longue. Sans doute les conséquences seront de l’ordre écologique et sanitaires, avec une grande zone sinistrée. Mais rappelons le tout de même, c’est le tsunami qui a engendré des milliers de morts, et non l’accident de la centrale. Quoi qu’il en soit je reste optimiste, et je suis persuadé que les choses finiront par s’améliorer.

Voilà j’avais besoin de faire un point là dessus, d’exprimer la manière dont j’ai ressenti tout cela, pour pouvoir avancer et passer à autre chose.

Laisser un commentaire