Travailler au Japon?

« Dois-je aller travailler au Japon? »

C’est une interrogation qui revient assez régulièrement chez moi ces derniers temps. En effet une certaine lassitude s’est installée dans mon travail actuel, et j’aurais besoin d’un souffle nouveau. Comme le Japon est réellement un pays qui me passionne, c’est un parfait candidat pour cela. Malgré tout de nombreux doutes persistent… Est ce que ce pays pourrait vraiment me convenir?

Voici donc l’état des mes pensées et de mes doutes:

  • Dans mon esprit les entreprises japonaises sont très hiérarchiques et reposent énormément sur l’autorité. Or j’ai beaucoup de mal avec les relations de ce type, particulièrement quand elles sont très accentués. Pourrai-je m’adapter à cela?
  • La société japonaise est quand même assez conservatrice, et je pense qu’il est difficile de s’y intégrer. Est ce que je pourrai me satisfaire du statut de « gaijin »?
  • En bon français qui se respecte je suis habitué aux semaines de 35h et aux vacances. Je ne suis pas sur de vouloir sacrifier ma vie personnelle pour ma vie professionnelle.
  • Je suis actuellement célibataire, donc je n’ai pas d’attaches particulières à Paris. Malgré tout, se retrouver à des milliers de kilomètres de sa famille implique pleins de choses.

  • Je suis actuellement ingénieur informaticien dans le domaine du jeu vidéo, avec 3 ans d’expérience, et je parle anglais et un peu japonais. Mais mon profil intéressera-t-il des recruteurs au Japon? Pas si sûr…
  • Je ne connais personne au Japon. Se retrouver seul, dans un pays étranger, avec une autre langue, une autre culture. Peut-être est-ce difficile à vivre? Je ne le pense pas, ayant un tempérament assez indépendant et solitaire.
  • Peut-être devrais-je attendre d’être bilingue en japonais pour penser à travailler et vivre là-bas?

Je suis bien conscient que toutes ces interrogations montrent que mon « projet » est un peu utopique et immature, et il n’y a que moi qui puisse répondre à un certain nombre de ces questions. Malgré tout c’est un petit refrain qui revient régulièrement dans ma tête, et je suis persuadé qu’un jour je le mettrai en pratique. ^^

6 réflexions au sujet de « Travailler au Japon? »

  1. salut.
    euh… je vais peut-etre dire une betise, mais je pensais qu’avec un profil d’inge en info, tu faisais partie de ceux qui ont potentiellement le plus de chances de trouver du travail la-bas(meme si tu parles peu le japonais) , non ?
    Bon ceci dit, ce qui est sur c’est que ca reste difficile dans tous les cas, d’apres ce qu’on lit partout.

    Perso, malgre les difficultes, je crois que je vais tenter le coup en 2012 :)

    bonne chance et bon courage ^^

    • Je sais pas trop, je suis pas sur. J’avais regardé une fois les offres d’emploi pour des étrangers, dans le domaine du développement informatique, franchement il n’y avait pas grand chose. Alors en plus moi je suis difficile et je veux travailler dans le milieu du jeu vidéo, et pas dans la finance par exemple, donc ça complique encore.
      Mais bon ça doit bien exister.

      En tout cas, bonne chance pour 2012. T’y seras probablement avant moi :) Tu travailles dans l’informatique aussi?

  2. intéressantes interrogations, et au combien justifiées… Je vais te donner mon humble avis… point par point :
    Il n’y a pas que les entreprises qui soient hiérarchiques…le système entier de vie du Japonais est basé sur un schéma de verticalité, contrairement à chez nous, où l’horizontalité prime. Exemple basique : chez nous : tutoiement = tutoiement, tu dis « Monsieur machin », il te répond « Monsieur untel ». Cela n’existe pas au Japon. Ils disent « Machin-san » on leur répond « Untel-Kun », ils disent « Watakushi », on leur répond « anata » voire « omae » :) Si tu ne peux pas t’adapter à cette verticalité, tu ne peux pas vivre au Japon, car tu ne seras jamais accepté dans le moindre cercle social, ce qui signifie simplement la mort de ton individualité, ce qui peut nous sembler paradoxal.

    se satisfaire du statut de gaijin est très difficile, il ne faut pas rêver… Cette fois, c’est toi qui va psychoter sur n’importe quelle réaction en pensant d’office « oulà lui il aime pas les blancs » Je parle des relations « anonymes », tu auras des tas d’amis avec qui ce ne sera jamais un problème…mais le regard dans la rue, dans le travail aussi peut-être… il faut être prêt à devenir (passe moi l’expression) l’arabe de service (pour une analogie avec chez nous, alors qu’eux sont bien Français…). En ce moment, Sakura et moi cherchons un appart, et je lui demande de bien faire comprendre qu’elle est avec un gaijin, au cas où ça pose des problèmes, qu’on ne soit pas prévenu au dernier moment, tu vois à quel point je me sens obligé de faire attention (j’en fait peut-être trop, mais c’est ça que j’entends par « psychoter »…

    Les 35 heures, tu le sais, n’existent pas particulièrement au Japon (encore que Sakura est à 35 heures), mais c’est surtout les vacances qui posent problème… passer de 5 semaines (voire 7 avec les RTT etc pour certains) à 1 semaine NON PAYEE (je ne sais pas si c’est le cas partout, mais c’est le cas dans la boite de Sakura), il faut le vouloir… mais peut-être dans ton domaine est-ce différent, renseigne toi bien.

    Pour la famille, je peux pas dire, j’ai jamais été scotché à la mienne, et j’ai beaucoup plus de contacts avec eux quand je suis au Japon… Mais tes petites habitudes, tes facilités dans les choses les plus simple (matter une connerie à la télé, aller acheter une bricole sur un coup de tête, sortir boire un verre tout seul peinard…) devient beaucoup plus compliqué (surtout au début, évidemment, mais c’est de ça qu’il s’agit, passer le cap difficile de l’intégration)…

    Ton profil intéressera forcément quelqu’un…est-ce que ce sera suffisant pour obtenir un bon boulot, sur la durée? Dans ton domaine je n’en ai aucune idée… Mais je sais que chez Q-games (à Kyôto), ils recrutent parfois des étrangers, et c’est un superbe studio (série des Pixel Junk en tête, si ça te parle…) La page de recrutement : http://www.q-games.com/recruit.php

    Tu me « connais » moi :) Sérieusement, je pense que chaque nouveau départ oblige cette situation, mais permet en même temps, de choisir la vie qu’on veut, l’image qu’on veut donner etc… c’est donc toujours enrichissant, et les connaissances vont se faire très vite pour un jeune Français… A toi ensuite de trouver de vrais amis derrière leurs politesses et leur « WOOOO Furansujiiiin! Sugooooi!! » de premier abord.

    Être bilingue est forcément un plus. Mais attendre de l’être, alors que le meilleur moyen de le devenir et d’être au Japon ne me semble pas très judicieux, sous réserve de trouver un boulot qui ne t’oblige qu’à maitriser l’anglais, mais dans ta branche, je pense que c’est largement faisable…

    Commencer à y penser est le premier pas d’un long chemin (d’après mon expérience). J’ai articulé ces mêmes premiers mots il y a 3 ans, et je pars dans 19 jours. Il aura tout de même fallu que je rencontre Sakura pour avoir le courage de me lancer enfin. Et je ne suis qu’au début du début. Le peu de temps pendant lequel j’ai vécu au Japon (4 mois au final), n’avait pas d’autre but que de tenter de répondre au mieux au même genre de questions… Dans mon cas, la réponse a été « oui, je suis capable de tenter le coup » ni plus, ni moins. Laisse toi le temps de pousser ta réflexion, si tu peux, de tenter de vivre le Japon autrement qu’en visites, mais ça c’est difficile… Je suis sûr que si ton chemin est dans cette direction, à un moment ou un autre cela te semblera clair. Dans mon cas, il y a un jour où il m’a semblé impossible de faire autrement que de partir vivre là bas, c’est presque aussi simple que ça.

    Bon courage!

    • Wow merci pour la réponse super complète! C’est vrai que tu es en quelque sorte le parfait candidat pour répondre à ces questions.

      Ça ne m’étonne pas qu’il se soit écoulé 3 ans entre tes premières réflexions, et ton déménagement effectif. C’est quand même un gros changement dans une vie, et je suis bien conscient qu’il faut un peu de temps pour que le projet arrive à maturité, ou tout simplement que l’on soit sûr de soi. Après je peux aussi très bien imaginer de partir simplement un an, à titre d’expérience, et là les choix sont moins lourds de conséquences. En tout cas pour être honnête, je ne pense pas que je bougerai cette année, mais j’avancerai certainement dans cette direction.

      En tout cas merci pour tes réponses qui m’éclairent pas mal sur tous ces points. Je garde de côté aussi le lien vers Q-Games, on sait jamais. Je dois dire que vivre à Kyoto me plairait bien ^^ J’ai quelques contacts de mon côté aussi de par mes collègues actuels.

      • Oui tu as entièrement raison, tu peux très bien partir pour un an, et voir ensuite! Beaucoup de ceux que j’ai rencontré (à Tôkyô notamment) étaient dans ce cas…et ils y sont depuis 10 ans maintenant! Mais finalement, un an ou une vie, je pense que c’est surtout la (les?) première(s) année(s) qui sont les plus « dures ». Et puis c’est le départ qui est difficile, et là aussi, pour un an ou une vie, ce sont les mêmes démarches. Donc effectivement les vraies questions que tu dois te poser, c’est plutôt « est-ce que je suis compatible avec une vie nippone? » et ça c’est pas évident! Mais si jamais t’as des occaz, dis toi aussi que c’est pas à 40 ans que ce sera plus simple…

        Bon courage et tient nous au courant, évidemment!

  3. Je remercie sincérement Unagi et Niwatori d’avoir lancé ce sujet de discussion. Je me posais moi même la question pour savoir si travaillez au japon dans les jeux vidéos était une chimère ou non pour un français. Sauf que moi, Je ne suis pas encore dans la vie active (18ans, bac à la fin de l’année), et trouver des infos sur ce sujet n’est pas si facile que ça !. Donc, merci encore !

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