Koya-san, la montagne sacrée

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Koyasan [高野山] est une montagne au sud d’Osaka couverte d’épaisses forêts de cryptomères séculaires, et dont le sommet regorge de temples bouddhistes. On en compte plus d’une centaine, ce qui fait de Koya-san la plus grande cité monastique du Japon, avec près d’un millier de bonzes qui prient et méditent tous les jours!

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Koyasan est naturellement un site assez isolé et préservé (classé au patrimoine mondial de l’Unesco). Un funiculaire permet d’atteindre le sommet en quelques minutes, et ensuite un bus permet de relier les différents points d’intérêts du site.

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L’histoire du mont Koya remonte à 816 lorsque le moine Kukai, dit Kobo Dashi, obtient de l’empereur la permission de construire un premier monastère ici même, à près de 800 mètres d’altitude. Au fil des siècles Koya-san gagna une influence considérable jusqu’à atteindre au 15e siècle le nombre vertigineux de 1500 temples et près de 90000 moines! Ces moines étaient également de véritables soldats, et conduisaient parfois des raids armés contre des monastères rivaux de Kyoto. Au 17e siècle, les shogun Tokugawa décidèrent de couper les vivres de ces monastères, ce qui entraîna un lent déclin de la communauté.

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Le site le plus spectaculaire de Koya-san est sans aucun doute le Okuno-in, la nécropole de Koya-san où sont disséminés sous des arbres géants, pas moins de 200000 tombeaux. L’atmosphère de cet endroit est assez unique et l’on se sent réellement dans un lieu surnaturel, complètement coupé du temps.

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Se côtoient dans ces tombeaux des gens illustres, des shoguns, des samurais, des grands prêtres et artistes ou bien encore des gens ordinaires. Il y a quelques tombes modernes mais surtout des tombes très anciennes, parfois recouvertes de mousses et faisant corps avec la nature.

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Un jizô au bonnet recouvert de mousse

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Le chemin principal qui circule au milieu des tombes et sous ces immense arbres séculaires.

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Le soleil a parfois bien du mal à percer à travers tous ces arbres.

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Un voyageur solitaire, figé par le temps.

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Se promener au milieu de tous ces tombeaux est vraiment une expérience unique. L’atmosphère est clairement mystérieuse, sentiment renforcé par le fait que j’étais quasiment tout seul. On pourrait vraiment se croire dans un film de Miyazaki, comme la forêt de Princesse Mononoke.

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Certains tombeaux sont vraiment émouvants, petits, sobres, recouverts de mousses et nichés parfois au coeur d’une souche d’arbre.

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Alignement de jizôs portant des bavoirs rouges, offerts par des mères en deuil de leur enfant.

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Ce torii recouvert de mousses semble être âgé de milliers d’années!

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Des pièces de 1¥ glissées dans les rainures de cette énorme souche.

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J’ai pû assister ici à un Misogi [] qui est une pratique de purification du corps et de l’esprit. L’homme est en tenue légère (le fundoshi), il s’assoit dans l’eau glacée les deux mains jointes et récite toute une série d’incantations à un rythme effrenné. Malheureusement je ne connais pas exactement le rôle de la femme qui tient une sorte de chapelet entre ses mains, et tout cela reste assez flou. Si vous avez des informations complémentaires, n’hésitez pas à m’en faire part dans vos commentaires.

Inutile de préciser que lorsque je suis tombé sur ce rituel, j’ai vraiment été intrigué et fasciné par ce que je voyais, ne sachant pas du tout de quoi il s’agissait.

Et voilà pour ce petit tour du Okuno-in. Je ferai sans doute un prochain article pour parler un peu des autres choses à voir à Koya-san.

4 réflexions au sujet de « Koya-san, la montagne sacrée »

    • Désolé pour la réponse un peu tardive, j’étais en pleine migration du blog, c’était un peu compliqué :)
      C’est effectivement un site incontournable à mon sens, assez magique. J’ai regretté de ne pas avoir réservé une nuit sur place.

  1. Le Mont Koya est vraiment un lieu empreint de spiritualité. Par contre, c’est un peu galère pour s’y rendre. J’ai eu la chance d’y passer la nuit du festival des bougies (l’Okuno-in manto kuyo-e) complètement par hasard. C’est le moine qui nous a accueilli dans son monastère lorsqu’on est arrivé qui nous l’a appris. Gros coup de chance, et soirée très mémorable : http://experience-japon.over-blog.com/article-35038544.htm

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