Portrait de Shiina Ringo : Partie I, jeunesse et carrière solo

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Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la musique japonaise, n’y connaissant pas grand chose, j’ai écouté pas mal d’artistes au hasard. Et c’est comme ça que je suis tombé un jour sur Shiina Ringo. Ça a été un vrai coup de foudre musical, et j’ai tout de suite compris que c’était une grande artiste. Deux années plus tard, elle est encore  mon artiste préférée, tous genres confondus :)

Shiina RIngo, c’est avant tout une voix incroyable; une voix au timbre immédiatement reconnaissable (qui peut parfois en dérouter certains), qu’elle peut utiliser dans des registres très différents: variété, rock, jazz, pop,.. Elle a aussi une façon reconnaissable de rouler les « r ». Shiina Ringo c’est aussi un physique magnifique, avec son grain de beauté au dessus de la lèvre. Enfin c’est un personnage excentrique, qui dégage toujours une image mystérieuse, impénétrable dans chacun de ses clips, concerts ou de ses apparitions (très rares) à la télévision.

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La jeunesse de Shiina Ringo

Shiina est née en 1978 dans la préfecture de Saitama, d’un père employé d’une entreprise pétrolière et d’une mère au foyer. Née avec une atrésie de l’oesophage, elle a du être opérée, lui laissant deux larges cicatrices sur les omoplates, donnant l’impression que deux ailes d’anges lui ont été enlevées.

Ses premier contacts avec la musique se font par l’intermédiaire de son père, passionné de jazz et de musique classique, et de sa mère qui a étudié la danse à l’université et pratiqué le ballet. Elle commence alors à pratiquer le piano et le ballet classique à l’âge de 5 ans.

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Elle qui était une enfant ouverte devient de plus en plus timide et discrète. ‘Ringo‘ est d’ailleurs un surnom de classe qu’on lui a donné car elle rougissait toujours comme une pomme quand on s’adressait à elle. (Ringo signifie pomme en japonais)

Après plusieurs déménagements la famille s’installe à Fukuoka, où Shiina redevient une enfant ouverte. En entrant au collège, elle réalise qu’elle ne pourra jamais devenir pianiste professionnelle ou danseuse de ballet à cause de l’opération de son enfance qui fait qu’elle ne peut pas donner autant de force du côté gauche et du côté droit de son corps. Elle va alors s’intéresser à d’autres styles musicaux, et former un groupe avec ses camarades de classe d’abord à la batterie puis ensuite en tant que chanteuse.

Pendant le lycée elle va alors jouer dans pas moins de 10 groupes différents,  à la guitare et au chant dans un des groupes, et au clavier, à la bass ou la batterie dans les autres. Elle améliore ainsi rapidement ses compétences musicales, avec des premiers concerts. En 1995, elle reçoit une reconnaissance au Festival de Jeunes Musiciens en tant que membre du groupe de musiciennes Marvelous Marble.

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Débuts de la carrière solo

Shiina Ringo sort son premier single en 1998 à l’âge de 19 ans « Kōfukuron« , une chanson plutôt dynamique. On retrouve dans le clip plusieurs éléments qui la caractérisent: les ailes d’anges dans le dos en référence à son opération, et les pommes qui dégringolent les escaliers en références à son surnom.

Ce premier single imposé par sa maison de disque EMI n’ayant pas rencontré un énorme succès, ils lui laissent ensuite choisir le deuxième single. Et ce sera « Kabukicho no Joou« , une chanson que j’adore qui reste aujourd’hui une de mes préférées. Le clip est aussi visuellement sublime (c’est elle-même qui a aidé à la réalisation du clip et choisi le lieu de tournage).

Même si le single est un succès modéré, il va lui donné une exposition publique non négligeable, et c’est ensuite avec son troisième single qu’elle va connaître un vrai succès « Koko de Kiss Shite« . Dans la foulée son premier single ressort et cette fois-ci c’est un succès.

Son premier album « Muzai Moratorium » sort en 1999, et c’est une fois de plus un succès.

Le quatrième single se nomme « Honnou« . Le clip se passe dans un milieu hospitalier en référence à ses fréquents allers-retours à l’hôpital durant sa jeunesse, mais ici elle joue le rôle d’infirmière et non de patiente. Le clip est une fois de plus visuellement magnifique et provoquant, je vous laisse juger par vous-même.

Ses cinquièmes et sixièmes single « Gibs » et « Tsumi to Batsu » sortent ensuite simultanément pour éviter d’empiéter sur la sortie du deuxième album « Shōso Strip » en 2000. Cet album s’est très bien vendu, et c’est toujours son plus grand succès à ce jour.
A cette période Shiina est une des trois plus grandes chanteuses japonaises aux côtés d’Ayumi Hamasaki et Hikaru Utada, en terme de popularité et de revenus. Mais Shiina ne court pas après la célébrité, et souhaite s’écarter un peu du « mainstream ». Elle refuse même de vendre ses albums à l’étranger en prétextant qu’elle a déjà bien assez de travail au Japon.

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En 2001 elle travaille sur son troisième album qu’elle annonce être le dernier.

Elle sort en mars le single « Mayonaka wa Jyunketsu », dont le clip en dessin animé est une sorte de mix entre le générique de Cowboy Bebop et Cat’s Eye, avec une Shiina en héroïne de film d’espionnage des années 60. Le single ne figurera pourtant pas sur l’album.

Après un mariage, un enfant et un divorce 14 mois plus tard avec le guitariste de son groupe Junji Yayoshi, l’album sort finalement en 2003 sous le nom de « Karuki Zamen Kuri no Hana« , un album très réussi avec des chansons vraiment originales.
« Meisai » une chanson remarquable avec une fois de plus un univers original dans le clip.
En 2003, Shiina met fin à sa carrière solo comme promis, en sortant son dernier single « Ringo no Uta » dont le clip est un hommage à toute sa carrière. Il reprend en effet chacun des précédents clip, avec comme fil conducteur son grain de beauté qui navigue d’un clip à l’autre, pour au final disparaitre complètment. C’est tout un symbole puisqu’elle va réellement se faire retirer son fameux grain de beauté et mettre ainsi fin à sa carrièr solo…
Mais heureusement pour nous, Shiina avait encore bien d’autres projets…

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