Le choix d’un restaurant au Japon

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 « Il faut un sacré courage pour entrer la première fois dans un restaurant inconnu, quand on y pense. Et je ne parle pas d’entrer dans un de ces restaurants hyper chic […] non, je veux parler d’entrer dans un de ces restos tout ce qu’il y a de plus banal.

[…]

Moi, à chaque fois que je me trouve dans une ville que je ne connais pas et que je sens un petit creux, je prends toujours un temps fou à hésiter dans la rue marchande à la recherche du meilleur boui-boui du coin, à aller et venir comme un rôdeur en me demandant lequel s’avérera le bon choix.

Même devant un magasin de râmen qui a l’air sympathique, je marmonne en moi-même en me faisant les questions et les réponses suivantes :

– Ça a l’air bon, ici…

– Mais attends un peu… on ne voit pas comment c’est à l’intérieur…

– Évidemment…mais d’après mon expérience, à la couleur de leur noren (rideau de pore), je subodore que ça doit être bon…

– Mouais… mais il y en a peut-être un autre encore meilleur un peu plus loin…

– Possible… Bon, retenons celui-là pour l’instant, on va dire que c’est le candidat numéro un, et puis on va chercher encore un peu et si on ne trouve rien de mieux, il y aura qu’à revenir à celui-là… »

« Le cerisier fend-la-roche de Kamaïshi » de Masayuki Kusumi

Lorsque j’étais au Japon, tous les midis arrivait la fameuse question « Bon et bien maintenant, où est ce que je vais manger? ». Cela peut sembler un choix banal, mais ce n’est pas si évident que cela, et encore plus lorsque l’on voyage seul. Mon choix se portait régulièrement sur ces petits restaurants bons marchés où l’on vous sert des ラーメン (ramens). Mais une première difficulté se présente, bien souvent on ne voit pas l’intérieur du restaurant, soit caché par un noren et une porte coulissante, ou alors carrément en sous-sol en empruntant un petit escalier étroit.

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C’était par une journée pluvieuse à Shinjuku, en sortant du grand parc il était déjà une heure bien avancée pour manger, et j’ai donc commencé à chercher un restaurant. Après avoir rôdé un bon moment dans une rue marchande comme Masayuki Kusumi, mon choix se porte finalement sur un restaurant peu engagant pour un touriste, puisque la devanture est discrète, il n’y a pas de reproductions de plats, pas de menus en anglais, et seulement un escalier qui s’enfonce dans le sol, sans que l’on puisse voir où il mène. Avec mon japonais débutant j’avais quand même compris « ramen ». Avec un peu d’appréhension, je descends l’escalier, pose mon parapluie dans le support prévu pour et ouvre la porte.

L’espace est plutôt réduit, puisqu’il y a seulement une cuisine centrale avec une sorte de comptoir tout autour, et aucune table. Assis autour de ce comptoir se trouvent de nombreux salarymen, visiblement occupés à terminer leur bols de ramens. Aucun touriste. Lorsque je pénètre dans la pièce tous les regards se braquent sur moi, ou plutôt c’est ce que je ressens. Je m’assois à une place libre, et l’on vient me prendre ma commande. Après quelques minutes de préparation, on me sert ces délicieux udons :)

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5 réflexions au sujet de « Le choix d’un restaurant au Japon »

  1. D’après mon expérience, il ne faut pas hésiter à pénétrer dans les petits restaurants. Personnellement, ils ne m’ont jamais déçu. C’est même souvent plus convivial et chaleureux que les plus grandes salles.

    • oui c’est vrai, mais c’est pas toujours évident, pour les raisons évoquées dans l’article. Enfin ça dépend aussi des personnalités. En tout cas, ça m’a amusé de voir que même un japonais (ici un tokyoïte) pouvait éprouver ce genre d’hésitations avant d’entrer dans un restaurant.

  2. OUi, c’est vrai. Mais en ce qui le concerne, cela semble plus de l’hésitation. Liée à sa personnalité ? Alors qu’en ce qui nous concerne (étrangers), ce serait plutôt de la méconnaissance ou du moins une certaine forme de barrière linguistique, non ?

    • j’ai un peu coupé le texte, mais il hésite pour plusieurs raisons: parce qu’il veut trouver le meilleur restaurant du quartier parce qu’il n’arrive pas à voir l’intérieur à cause des noren parce qu’il est de caractère un peu timide Et dans mon cas, j’ai en plus la barrière de la langue comme tu dis, et le fait que je sois un touriste. Bref beaucoup de raisons d’hésiter ^^

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